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Walt Disney

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Cet article est issu de la collaboration entre Disney Wiki et Picsou Wiki.
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©Disney Le saviez-vous ? L'aspect physique de Walt Disney a inspiré celui du Fantôme noir.
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Cet article a été élu article du mois de août 2013.

«  Et tout a commencé par une souris !  »

— Plus célèbre citation de Walt Disney, résumant à elle seule l'importance de Mickey Mouse dans sa carrière.

Walter Elias Disney, plus connu sous le nom de Walt Disney (né le 5 décembre 1901 à Chicago, dans l'Illinois, et mort le 15 décembre 1966 à Burbank, en Californie) était un producteur, scénariste, réalisateur, animateur de dessins animés, dessinateur, animateur de télévision, homme d'affaires et acteur américain.

Grâce à la société Walt Disney Company qu'il fonda en 1923, Walt Disney devint petit à petit l'un des plus célèbres et reconnus producteurs de films de tous les temps, et en particulier de dessins animés. Également figure importante de la télévision américaine dans les années cinquante et soixante, Disney est le créateur de la souris Mickey Mouse, symbole de son entreprise.

BiographieModifier

1901–1919 Modifier

Enfance et déménagements Modifier

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Walt Disney bébé.

Walt Disney naît le 5 décembre 1901 à Chicago, aux États-Unis, sous le nom complet de Walter Elias Disney, dans une petite maison au 1249 Tripp Avenue, que son père a bâtie de ses propres mains. Fils d'Elias Charles Disney, migrant irlandais, et de Flora Call Disney, originaire de l’Ohio, il est le quatrième fils d'une fratrie de cinq enfants. Tandis que le premier prénom du nouveau-né lui vient de Walter Parr, un proche ami de son père officiant alors en tant que prêtre à l'église congrégationaliste Saint-Paul, Walt hérite du prénom de son père en tant que deuxième prénom. Le nom de famille Disney, lui, est dérivé du patronyme « d'Isigny », de souche
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La maison où est né le petit Walt.

française, plus précisément d'origine normande. Quelques mois plus tard, c'est le révérend Parr qui baptise le petit bambin le 8 juin 1902, en l'enceinte de son église. La famille Disney vient s'agrandir le 6 décembre avec l'arrivée de Ruth Flora Disney. Le patriarche et la matriarche des Disney jouent un rôle totalement différent dans l'éducation des enfants. En effet, alors que la mère de Walt est particulièrement aimante et démonstrative, le père, lui, se révèle être assez distant, sévère et dur avec sa progéniture, et agit presque en autocrate.
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Le jeune Walt Disney.

En 1906, Walt et sa famille doivent quitter Chicago, car le père se voit dans l’incapacité de mener son entreprise de construction, à cause d’une crise dans l’industrie du bâtiment. Les Disney s’installent donc dans une ferme à Marceline, dans le Missouri. C’est dans cette bourgade de campagne que Disney se rendra à l’école à partir de l’âge de huit ans, en même temps que sa sœur cadette. Walt, perpétuellement émerveillé par ce que lui montre la nature, adore cette vie champêtre. C’est également là que naît sa passion pour les trains, Walt observant régulièrement la locomotive de son oncle Michael passer à proximité de la maison.

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La maison des Disney à Marceline.

Malheureusement, la santé d’Elias, atteint de diphtérie et de typhoïde, se détériore. Comme si cela ne suffisait pas, la sécheresse impacte fortement les récoltes et la ferme ne rapporte ainsi plus suffisamment d’argent. La vie de Walt à la campagne prend donc brutalement fin ; la famille Disney, après avoir vendu sa maison en 1909, se voit à nouveau obligée de déménager, cette fois-ci à Kansas City, une ville active éloignée des champs, où se trouvent alors les deux frères aînés de Walt, Herbert et Raymond.

Adolescence et Première Guerre mondiale Modifier

En 1916, quelques temps après son quinzième anniversaire, Disney voit un film qui fera forte impression sur lui : il s'agit de Snow White, avec Marguerite Clark en vedette, projeté dans l'immense palais des congrès de la ville. Il fut très impressionné par ce film, et en fera même la plus grande source d'inspiration pour son tout premier long métrage d'animation Blanche-Neige et les Sept Nains (1939) basé sur le conte écrit par les frères Grimm.

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Disney devant un camion de la Croix-Rouge.

Le 8 juin 1917, Disney obtient son diplôme de l'école secondaire de Benton où il étudie depuis 1911 et ce, malgré le travail harassant qu'il effectue dans l'entreprise paternelle de diffusion de journaux dans laquelle il travaille durant son temps libre pour arrondir les fins de mois de sa famille. En septembre de la même année, son père achète des actions à la société O-Zell, un producteur de gelée basé à Chicago et y déménage avec sa famille. Toutefois, Walt préfère rester à Kansas City avec son frère Roy avant que ce dernier ne soit incorporé à la Navy pour servir durant la Première Guerre mondiale le 22 juin. Walt trouve alors un emploi de vendeur dans les trains, ce qui lui permet de voir du pays. Il occupe un poste de vendeur à bord des trains de la Missouri Pacific Railroad et, vêtu d'un uniforme de la compagnie, propose aux voyageurs des journaux, des bonbons, des fruits et des sodas.

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Walt Disney durant son adolescence.

À l'automne, Walt rejoint sa famille à Chicago et est inscrit à la William McKinley High School où il illustre le magazine des élèves intitulé The Voices. En parallèle, il suit également des cours de nuit à la Chicago Academy of Fine Arts où il apprend les rudiments du dessin. En 1918, à l'âge de seize ans, Walt quitte l'école et souhaite s'engager dans l'armée et ce malgré son jeune âge. Il découvre alors qu'il est possible de s'engager à la Croix-Rouge dès 17 ans et, après avoir trafiqué son certificat de naissance à l'aide d'un ami pour porter sa date de naissance à 1900, il rejoint la Croix-Rouge en septembre comme chauffeur d'ambulance. Le lendemain de l'armistice, le 12 novembre 1918, il est débarqué au Havre où il est d'abord installé près de Saint-Cyr-l'École, puis il est assigné à la conduite d'ambulances pour l'hôpital d'évacuation no5 à Paris et, enfin, affecté à un camp de la Croix-Rouge à Neufchâteau. Il décore alors le côté de son ambulance avec des dessins et voit même une partie de son travail publiée dans le journal de l'armée Stars and Stripes. Il reste en France une année jusqu'à fin septembre 1919.

De retour aux États-Unis, Walt retrouve sa famille à Chicago puis rejoint son frère Roy, démobilisé de la Navy, à Kansas City, en octobre de la même année. Il obtient un premier travail au Pesman-Rubin Commercial Art Studio pour cinquante dollars par mois où il réalise la couverture du programme hebdomadaire du Newman Theater. C'est également là qu'il rencontre le jeune animateur Ubbe Ert Iwerks (qui changera plus tard son nom en Ub Iwerks).

1920–1937 Modifier

Animateur à Kansas City et Laugh-O-Grams Modifier

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Disney en train de dessiner.

En janvier 1920, après le déclin du revenu du Pesman-Rubin Commercial Art Studio, Walt fonde avec son ami Ub la société Iwerks-Disney Commercial Artists. La société périclite et Walt est engagé par la Kansas City Film Ad Company, à la suite d'une offre d'emploi dans le Kansas City Star. Il se met à travailler sur des animations publicitaires primitives pour les cinémas locaux et sera rejoint quelques temps plus tard par Iwerks. Les animations publicitaires ne suffisent plus à satisfaire Walt ; pendant ses loisirs, il commence à créer ses propres films qu'il vend à la Newman Theater Company. Ces films d'une minute, appelés Newman Laugh-O-Grams, parfois critiques, traitent des problèmes locaux et, pour cette raison, plaisent au public. Pour créer ces courts métrages, Disney se basa sur les Aesop’s Fables de Paul Terry, série de courts métrages d’animation lancée le 13 mai 1921 et très populaire à l’époque.

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Carton de titre des Laugh-O-Grams.

Fort de ce succès à l’échelle régionale, Disney entreprend alors de créer sa propre société, la Laugh-O-Gram Films Inc. Pour l’aider dans la création de dessins animés, Disney décide d’engager plusieurs collaborateurs : Ub Iwerks est naturellement de la partie, aux côtés de Hugh Harman, Rudolf Ising, Carman Maxwell, Iorey Tague et Otto Willman.
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La bande d'animateurs à Kansas City.

La série des Laugh-O-Grams est lancée, et les films commercialisés, comme Little Red Riding Hood, The Four Musicians of Bremen, Jack and the Beanstalk, Puss in Boots et Cinderella, sont une réussite. Toutefois, bien que le studio continue à se faire connaître dans la région de Kansas City, les coûts de production dépassent les revenus. La société fait ainsi face à de forts problèmes financiers notamment dus à son distributeur, Pictural Club, qui ne paie aucun frais et finit par déposer le bilan à l’automne 1922.

Départ pour Hollywood et Alice Comedies Modifier

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Disney devant sa place de travail.

Disney, désargenté, se voit ainsi obligé de quitter son logement. N’ayant pas le choix financièrement, il accepte de réaliser deux films publicitaires pour un dentiste du nom de Thomas McCrum, Tommy Tucker's Tooth et Clara Cleans Her Teeth. En parallèle, il entame avec ses collaborateurs la production de Alice’s Wonderland, un cartoon mêlant animation et prise de vue réelle et reprenant des éléments du roman de Lewis Caroll, Alice in Wonderland. Malgré des contacts avec la distributrice new-yorkaise Margaret Winkler, Disney est obligé de déclarer faillite en juillet 1923 et ne peut ainsi finir le cartoon.

C’est alors qu’il décide de partir pour Hollywood, où se trouve son frère Roy. Il paie son billet de train pour la Californie grâce à ses petites activités en tant que photographe et à la vente de sa caméra, et n’oublie pas de prendre dans ses bagages Alice’s Wonderland. Il se voit cependant obligé de laisser son équipe d’animateurs à Kansas City, mais leur promet de les faire venir le plus rapidement possible à Hollywood.

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Carton de promotion de la série Alice Comedies.

Arrivé dans la ville qui est alors le nouveau centre du cinéma mondial, Disney s’installe chez son oncle Robert, dont le garage deviendra le lieu de travail de Disney Brothers Studio, l’affaire montée entre Walt et Roy. A ce moment-là, Disney reprend contact avec Margaret Winkler, déjà détentrice des droits de la série Félix le Chat, qui se montre particulièrement intéressée par une série de cartoons reprenant les bases de Alice’s Wonderland. Le 16 octobre 1923, un contrat de distribution est signé et Disney Brothers Studio s’engage à fournir à Winkler douze courts métrages faisant partie d’une série qui sera baptisée Alice Comedies. Cette date marque ainsi la création officielle des studios Disney.

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La petite Virgina Davis, interprète du rôle d'Alice.

Pour mener à bien la réalisation de ces cartoons, Disney entreprend de faire venir du Kansas Virgina Davis, la petite fille ayant interprété le rôle d’Alice dans Alice’s Wonderland. Au début, il s’occupe tout seul de l’animation des dessins animés, mais il sera vite rejoint par Rollin Hamilton puis, en 1924, par Ub Iwerks, Hugh Harman et Rudolf Ising, ses anciens collaborateurs tout droit venus de Kansas City. Il emploie également deux femmes, dont l’une d’elles, Lillian Bounds, intervalliste et secrétaire au sein du Disney Brothers Studio, deviendra la femme de Walt Disney peu après le 13 juillet 1925.

La série des Alice Comedies continue de se développer et, signe de son importance grandissante, Disney doit désormais négocier avec Charles Mintz, le mari de Margaret Winkler. Par ailleurs, voyant son équipe de collaborateurs s’agrandir, Disney, qui louait jusqu’alors un local sur Kingswell Avenue, investit quatre cents dollars le 6 juillet 1925 afin d’acheter un terrain sur Hyperion Avenue pour y accueillir tous les animateurs. En parallèle, les parents de Virginia Davis retirent leur fille de la série, en raison d’un chèque impayé. Elle sera alors remplacée dans le rôle d’Alice par Dawn O'Day puis par Margie Gay.

En 1926, le Disney Brothers Studio réalise tous les seize jours un épisode dAlice Comedies. Le dessin animé est désormais plutôt centré sur l'animation et sur les gags du chat que de de la petite fille. Les studios décident de déménager dans le quartier de Silver Lane à Los Angeles et Disney annonce à son frère Roy que le studio ne sera plus nommé le Disney Brothers Studio mais le Walt Disney Studio.

La nouvelle série Oswald le Lapin ChanceuxModifier

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Affiche de Trolley Troubles, premier court métrage de la série Oswald le Lapin Chanceux.

En fin d'année 1926, la série Alice est à bout de souffle. Disney et ses collaborateurs trouvent un nouveau petit personnage, Oswald le Lapin Chanceux, qui sera le centre d’une toute nouvelle série. Disney est en charge du scénario et des gags et les animateurs des dessins. La société Universal Pictures commande à Disney vingt-six épisodes, et le lapin s'avère un bon succès pour les studios. Toutefois, les animateurs commencent, en cette année 1927, à avoir de plus en plus de mal à supporter le caractère de Walt Disney qui les paye peu et s'attribue très souvent tout le mérite. A cette époque, Charles Mintz, mari et associé de Mary Winkler prend sa place et le contrôle de Winkler Pictures.

Un jour, Ub Iwerks, animateur dans l'équipe des frères Disney depuis presque le début de l'aventure, prévient Walt que Winkler, propriétaire des droits d'Oswald, a demandé aux animateurs de le rejoindre pour continuer la production de dessins animés avec le lapin sans Disney. N'y croyant pas, Walt ignore cette affaire et continue la production du dessin animé jusqu'au mois de février 1928 où, suite à un voyage à New York pour négocier avec Charles Winkler une part plus importante des bénéfices de la série Oswald, ce dernier lui apprend que presque tous les animateurs vont partir et lui annonce qu'il va continuer l'aventure sans lui. C'est le second échec de Walt Disney, qui est dévasté.

Mickey Mouse, une souris qui deviendra grande Modifier

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Disney avec Mickey Mouse, symbole de son entreprise.

Quelques semaines plus tard, Walt est de retour à Los Angeles, mais il a perdu sa joie de vivre en raison de la désillusion qu’il a connue par rapport à Oswald. Néanmoins, il veut trouver une nouvelle idée ; pour cela, il va réunir tous les jours Roy, Ub Iwerks et quelques fidèles. Ils arrivent à trouver une nouvelle idée : une souris. Iwerks crée un petit personnage avec un museau allongé, des oreilles rondes et un corps en forme de poire. Walt Disney veut l'appeler Mortimer mais Lillian, sa femme, refuse ce nom, et propose de le nommer Mickey.

Après le précédent échec des Oswald et celui des Alice Comedies, aucun studio ne veut prendre le risque de financer ce nouveau projet. De plus, les premiers courts métrages avec Mickey Mouse, L'Avion fou et Mickey gaucho, n'intéressent personne. Walt Disney voit qu'il manque quelque chose à ces cartoons pour qu'ils aient du succès. Il a alors l'idée ambitieuse d'y ajouter du son. À cette époque, ce projet semble impossible mais, grâce à une machine révolutionnaire, Disney déniche un système sophistiqué permettant son aboutissement. Il part enregistrer les sons à New York mais il manque d'argent pour cela. Il fait à nouveau appel à son frère Roy qui accepte de lui fournir une aide financière. Aussi, Disney vendra son automobile et arrivera à obtenir le fameux Cinephone. Pat Powers, qui lui avait proposé ce système, accepte également, grâce à sa société Celebrity Pictures, de distribuer ses réalisations.

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Mickey dans Steamboat Willie, sa première apparition officielle.

En novembre 1928, Steamboat Willie sort en salle, et devient officiellement la première apparition de Mickey Mouse. La musique exactement synchronisée avec le film ébahit le public : c'est du jamais vu, et le succès est donc phénoménal. Mickey, la petite souris, devient un héros populaire. Dès ce premier dessin animé, donc dès ses tout premiers pas, Minnie Mouse accompagne le nouveau personnage et devient déjà sa « petite amie ».

Silly Symphonies, le succès continue Modifier

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La Danse macabre, première Silly Symphony.

En 1929, Mickey est à la pointe du succès. Disney décide alors de créer grâce aux bénéfices de la petite souris une nouvelle série de dessins animés : les Sylly Symphonies. L'idée est d'animer des personnages, des animaux, des objets en fonction d'une musique. La série débute avec La Danse macabre : c'est aussi un succès pour les studios.

En 1930, malgré la crise économique, le succès de Mickey ne cesse d'accroître. Les produits dérivés se vendent par milliers voire par millions. Mickey commence à se faire une place dans le monde entier. Néanmoins, Disney décide d'abandonner cette année-là Pat Powers, qui l'a aidé à faire naître Mickey, pour un contrat de distribution avec la société Columbia Pictures. Iwerks quitte alors les studios et crée sa propre société de cartoons avec Powers. Le départ d'Iwerks est en grande partie due au caractère de Walt qui l'exaspère. Disney refuse de mettre le nom de ses animateurs dans les films et confisque ces derniers de reconnaissance par le public.

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Première image de Mickey en bande dessinée, tirée de Mickey dans l'île mystérieuse.

Du 13 janvier 1930 au 31 mars 1931, Mickey voit sa première aventure en bande dessinée baptisée Mickey dans l'île mystérieuse. Tous les jours, des strips sont publiés dans un quotidien. Iwerks commence a dessiné quelques strips mais, suite à son départ, Disney le remplace par des nouveaux comme Floyd Gottfredson, encore inconnu à l'époque, et qui deviendra rapidement le plus célèbre des dessinateurs de Mickey. En outre, toujours en 1930, dans Symphonie enchaînée, Mickey Mouse rencontre un chien qui va désormais apparaître à ses côtés dans différents dessins animés et devenir son fidèle animal de compagnie : ce chien sera nommé l'année suivante Pluto.

Dépression, sport et nouvelles techniques Modifier

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Disney jouant au polo.

Suite à la crise subie par les studios à cause des fortes sommes dépensées pour développer de nouvelles techniques, Walt fait une dépression. Sur les conseils de son médecin, il part en croisière avec sa femme Lillian. Par ailleurs, pour se vider la tête, Disney décide de pratiquer l’équitation, le golf et même le baseball avec ses équipes, et s’inscrit notamment à l’Athletic Club d'Hollywood pour y jouer au polo, sa passion. Disney devra néanmoins quitter le club à cause d’une blessure l’empêchant de continuer la pratique de son sport favori.

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Des arbres et des fleurs, premier court métrage en couleurs.

Le 30 juillet 1932 sort le court métrage de la série Silly Symphonies, Des arbres et des fleurs, le premier dessin animé réalisé par la firme de Disney et utilisant le procédé Technicolor, permettant d’obtenir des animations en couleurs. La même année, le dessin animé remporte l’Oscar du meilleur court métrage d'animation. Par la suite, le dessin animé Parade des nommés aux Oscars est le premier à utiliser le système sonore RCA Photophone. À cette époque, plus de quarante animateurs travaillent pour les studios, et les dessins animés des séries Mickey Mouse et Silly Symphonies sont toujours plus nombreux chaque année.

Toutefois, ces productions ont un coût, et il est spécialement élevé pour l’époque. Ainsi, un court métrage de huit minutes réalisé par les studios Disney coûte 13 000 dollars alors que les autres studios dépassent rarement des budgets de 2 500 dollars. Disney a donc de la peine à rentrer dans ses frais et, après être passé de Colombia à United Artists en 1932, il décide de négocier un contrat d’exclusivité de deux ans avec Technicolor afin de pouvoir amortir ses dépenses, toujours plus élevées en raison du coût exorbitant de la couleur. Le revenu des séries est ainsi juste satisfaisant, et Disney ne peut en tirer de réels bénéfices.

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Walt et Lillian avec leur première fille, Diane Marie.

D’un point de vue personnel, Disney avait toujours voulu avoir un enfant, et, en raison d’une volonté de créer une « dynastie » pour son entreprise, il désirait avant tout avoir un garçon, à l’image de Roy Edward Disney, le fils de son frère Roy et de la femme de celui-ci, Edna. Finalement, Lillian accouche de la petite Diane Marie Disney, le 19 décembre 1933.

En parallèle, la Disney Animation Library est créée en 1934. Il s’agit d’une bibliothèque regroupant plus de trois cent cinquante livres dont l’usage est réservé aux employés des studios, qui s’en servent comme source d’inspiration pour ses dessins animés et notamment ses futurs longs métrages. Disney y regroupe ainsi de nombreuses œuvres littéraires et beaucoup de dessins très variés.
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Donald Duck, Peter Pig et Mère Poule dans Une petite poule avisée.

En juin de la même année, l’épisode des Silly Symphonies intitulé Une petite poule avisée voit apparaître pour la première fois le personnage de Donald Duck qui deviendra vite une figure mythique de la société, aux côtés de Mickey et de Dingo.

Aussi, Disney décide de diversifier ses activités et se lance dans la vente de produits dérivés de ses films, et notamment des bandes dessinées, qui deviennent relativement vite de petits journaux comme en Italie, où le premier journal consacré à Mickey sort fin 1932. En France, il faut attendre 1934 pour voir la sortie du tout premier numéro du Journal de Mickey.

1937–1954 Modifier

Production de Blanche-Neige et les Sept nains Modifier

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Walt Disney en 1935.

Par ailleurs, afin d’augmenter les revenues de la compagnie, Walt lance en 1934 la réalisation d’un long métrage basé sur le conte de Blanche-Neige. Pour cela, il fait voir à ses équipes un film muet datant de 1919 : Blanche-Neige avec Marguerite Clark, qui deviendra la base sur laquelle travailleront les animateurs. Le public et la concurrence pensent que Disney court à sa perte car un tel projet, qu’ils appellent « la folie de Disney », semble irréalisable. Roy et Lillian essayent de raisonner Walt et de lui faire abandonner son idée, mais Disney ne veut rien entendre et continue de travailler sur le projet.

Le 8 janvier 1936, Walt Disney se voit décerner la Légion d'Honneur pour la création de Mickey Mouse au sein de ses studios. En parallèle, en plus de leur fille biologique, les Disney adoptent également une autre fille, Sharon, née le 18 décembre 1936, en janvier 1937. En parallèle, pour convaincre les responsables financiers de la Bank of America de remplir le budget de Blanche-Neige et les Sept Nains, Walt présente un extrait non finalisé du film à l'un de leurs représentants, ce dernier prédisant le succès immense du film et, sous leur pression, s'engage à le sortir avant la période de Noël 1937. Le budget avoisine finalement un million et demi de dollars, soit six fois plus que ce qui était prévu en 1934. L'importante campagne publicitaire est confiée au célèbre artiste suédois Gustaf Tenggren, embauché en 1936.

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Affiche du long métrage Blanche-Neige et les Sept nains.

L'invention de la caméra multi-plane par les animateurs Disney, technique consistant à créer l'illusion de la profondeur, pour le changement de perspective dont l'arrière-plan fait l'objet à mesure que la caméra avance, est une étape majeure qui se concrétise pour la première fois dans le court métrage de la série Silly Symphony, Le Vieux Moulin, sorti en 1937 et récompensé par l'Oscar du meilleur court métrage. Même si la production de Blanche-Neige et les Sept Nains est achevée avant l'aboutissement du procédé, Disney décide de faire redessiner certaines scènes pour que son projet bénéficie des nouveaux effets.

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L'Académie des Arts et des Sciences, par le biais de la jeune actrice Shirley Temple, décerna à Walt Disney un Oscar d'honneur de taille normale accompagné de sept petites statuettes.

La « folie de Disney » se voit convertie en « triomphe » dans la presse lorsque Blanche-Neige et les Sept Nains est projeté pour la première fois le 21 décembre 1937 au Carthay Circle Theatre devant le tout Hollywood. Walt Disney a réussi son pari de produire le premier long métrage d'animation en couleurs. Après une avant-première new-yorkaise au Radio City Music Hall, cinéma le plus prestigieux au monde, le film sort en salles en février 1938 aux États-Unis puis est distribué dans le monde entier, restant à l'affiche durant des mois. Le talent de Walt Disney se voit aussi reconnu lorsque l'Académie des Arts et des Sciences, par le biais de la jeune actrice Shirley Temple, lui décerne un Oscar d'honneur de taille normale accompagné de sept petites statuettes. C'est d'ailleurs là qu'il annonce la production d'un nouveau long métrage adapté d'une histoire européenne, Pinocchio de Carlo Collodi, dont la production commence début 1938 et qui sort en 1940. Le succès de son premier long-métrage lui apporte en effet « la liberté de développer d'autres projets créatifs encore plus ambitieux » (J.B. Kaufman) pour constituer ce que le Walt Disney Family Museum nomme « l'Âge d'or de l'animation ».

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Disney faisant la promotion de Blanche-Neige et les Sept nains.

Le film rapporte huit millions de dollars au box office lors de sa première diffusion et est ainsi le plus grand succès cinématographique jusqu'à être dépassé par Autant en emporte le vent, sorti en 1939. Grâce au merchandising initié par Kay Kamen, qui permet au public de retrouver ses personnages préférés dans une multitude de produits dérivés, les personnages du film, à l'instar de Mickey ou des Trois petits cochons, mais aussi les chansons, reproduites sous forme de partitions et objets de succès du hit-parade et de la radio, apportent à la société un chiffre d'affaires conséquent, renflouant le budget des prochains films tels que Fantasia ou Pinocchio.

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Flora et Elias Disney, les parents de Walt.

Walt et Roy déménagent le studio à Burbank où il y est construit sous forme de campus et agrandi pour garantir la gestion de son activité croissante et abriter de nombreux travailleurs. Il ouvre le 24 décembre 1939. Parallèlement, en 1938, les frères Disney offrent un nouvel appartement à leurs parents. Dans la nuit du 26 novembre 1938, Flora, leur mère, y perd la vie du fait d'un dysfonctionnement provenant de la chaudière à gaz qui l'asphyxie elle et son mari, ce dernier étant transporté à l'hôpital où il survit. Pour distraire son père Elias, désormais veuf, Walt lui propose la supervision des travaux de son nouveau studio. Il meurt le 14 septembre 1941. Walt restera chagriné par cet accident pour le restant de sa vie.

Les productions animées, parallèles aux bandes-dessinées, avec des dessinateurs comme Floyd Gottfredson, et aux produits dérivés, se poursuivent avec le début des séries de courts métrages centrées sur Donald et Pluto en 1937, et Dingo en 1939, tandis que la série des Silly Symphonies s'achève en 1939 avec une deuxième version du Vilain petit canard, auréolé d'un Oscar la même année. Pour J.B. Kaufman, « le succès de Blanche-Neige représente un tournant. Ses court métrages lui ont déjà procuré un succès international, mais ce long métrage confère un niveau de consécration inédit. »

Échec de Fantasia et grève dans les studiosModifier

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Walt Disney en compagnie de Léopold Stokowski, le compositeur de la musique de Fantasia.

Pour redorer la popularité de son personnage phare, Mickey Mouse, mis à mal par l'essor de ses camarades Donald, Pluto et Dingo, Walt Disney a l'idée de réaliser un court métrage avec Mickey, basé sur L'Apprenti sorcier, alliant images animées et musique classique comme forme d'expérimentation artistique mais aussi afin que le jeune public renoue avec ce genre de musique. Une rencontre avec le chef d'orchestre Léopold Stokowski aboutit au projet et à la réalisation du « film orchestre » de Walt Disney, Fantasia, dont la production débute en novembre 1938 et qui sort en 1940. Il s'agit d'une succession de séquences animées avec une bande-son composée de la musique enregistrée par l'orchestre de Stokowski à Philadelphie. Preuve de sa volonté expérimentale, Fantasia est l'unique long métrage à employer le système sonore Fantasound, spécialement développé pour les studios à partir de 1938. Si Walt Disney prévoit la réalisation d'autres long métrages similaires avec de nouvelles séquences venant s'ajouter aux autres et remplacer certaines, l'échec commercial de Fantasia, principalement dû à la fermeture du marché européen pour causes de guerre, met un terme à ses ambitions. Un autre Oscar d'honneur reconnaît néanmoins son esprit d'innovation. Par ailleurs, le long métrage Pinocchio, sorti le 7 février 1940, sera également une déception financière.

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Employés des studios Disney en grève.

Face aux pertes financières suivant ces échecs, qui créent une dette substantielle à la fin du mois de février 1941, Roy ouvre le capital de la société de son frère à l'investissement boursier en 1940, la vente d'actions étant source de bénéfices pour l'entreprise, et met en place de fortes baisses salariales, celles-ci conduisant à la grève de 1941. Certains artistes contestent ainsi leurs conditions de travail, l’absence de leurs noms aux génériques des dessins animés et leur rémunération. Les employés de Disney se syndicalisent alors, notamment chez la Screen Cartoonist Federation ainsi que la Screen Cartoonist Guild. La grève est lancée le 29 mai 1941 et Disney est accablé lors des réunions syndicales.

Seconde Guerre mondiale, effort de guerre et tournée en Amérique latine Modifier

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El Grupo, l'équipe Disney s'étant rendue en Amérique latine.

La même année, Walt est sollicité par le Département d’État de l’administration Roosevelt, supervisé par Nelson Rockefeller, afin de représenter les États-Unis en Amérique latine et de contrer l’influence du nazisme et du fascisme qui pourraient naître dans la région, dans un but de « politique de bon voisinage ». Même si Disney est au début sceptique, il accepte finalement ce voyage, poussé par son frère Roy qui préfère l’éloigner des studios quelques temps afin d’apaiser la grève. Walt est donc à la tête d’El Grupo, l’équipe avec laquelle il se rend au Mexique, au Brésil, en Argentine, au Chili, au Panama, etc. Le voyage s’avéra plus qu’un simple séjour diplomatique, permettant également de réunir le matériel et les idées pour faire de nouveaux films tels que Saludos Amigos, Les Trois Caballeros et quelques courts métrages spéciaux, qui furent tous de fameux succès pour Disney.

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Disney montrant des dessins de propagande à un chef de l'armée américaine.

Toujours en 1941, Disney décide de participer à l’effort de guerre, ce qui permet de populariser encore plus les studios à travers le pays. En parallèle, le film Dumbo, peu coûteux, est produit dans l’objectif d’en tirer des bénéfices rapidement. En dépit de la grève qui frappait la production du dessin animé, celui-ci sort en octobre 1941 et se révèle vite être un succès. Ce long métrage remporte l'Oscar de la meilleure musique de film 1942 et la palme du meilleur dessin animé festival de Cannes 1942. Cependant, les États-Unis entrent dans la foulée dans la Seconde Guerre mondiale, ce qui marque la réquisition des studios Disney par l’armée. Celle-ci demande aux équipes de créer d’une part des films d’entraînement et d’instruction pour les militaires, et d’autre part des films de propagande, tels que les célèbres Der Fuehrer's Face, qui remporte un Oscar en 1943, et Victory Through Air Power. Les principaux personnages de Disney, comme Donald, Mickey, Pluto, Tic et Tac et les Sept nains, servent bientôt presque exclusivement à la propagande de guerre. Cela n’amène toutefois pas une amélioration financière pour les studios, car ces films produits pour l’armée rapportent peu, et, en outre, la sortie de Bambi en avril 1942 s’était passée dans l’indifférence quasi-générale. C’est en 1944 que Disney décide de changer de stratégie commerciale : il ressort son long métrage Blanche-Neige et les Sept nains, qui s’avère de nouveau être particulièrement lucratif, entraînant une tradition de réédition tous les sept ans des films Disney aux États-Unis.

Après-guerre, engagement politique, nouveaux longs métrages et passion pour les trains Modifier

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Walt Disney en 1946.

Après la Seconde Guerre mondiale, Walt Disney peut produire des longs métrages qu'il était difficile de réaliser pendant la guerre, notamment à cause des nombreux films destinés à la propagande américaine. Ainsi, pendant cette période, Disney se consacre à la production de films tels que Cendrillon, Alice au Pays des merveilles ou encore Peter Pan, qu'il finira au début des années 1950. La production de courts métrages et longs métrages s'est cependant réduite durant la fin des années 1940, notamment dû à des échecs de certains courts métrages destinés à la propagande et qui ne rapportèrent que très peu à Walt Disney. En effet, les films de propagande ont peut-être contribué, en quelque sorte, à l'effort de guerre, mais ces films étaient très onéreux et ne pouvaient pas rapporter beaucoup d'argent à la compagnie. Des longs métrages, ayant reçu peu de succès, tels que Fantasia, ont également contribué à mettre les comptes de l'entreprise dans le rouge, malgré le succès de films comme Les Trois Caballeros, durant la période 1946-1950.

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Disney travaillant sur le film Cendrillon.

Durant cette période, Disney s'engage également politiquement et participe à la « chasse aux sorcières », au maccarthysme, en dénonçant trois de ses employés durant une commission des affaires anti-américaines. Plus tard, cette dénonciation sera démentie par les trois employés, qui l'accuseront alors Walt de les avoir dénoncé à cause de la grève à laquelle ils avaient participé en 1941. Disney se montre comme un américain irréprochable, vu qu'il a indirectement participé à la guerre et contribué à la chasse aux sorcières, lui donnant ainsi une bonne image publique. L'engagement politique de Walt se reflète en partie sur ses productions. Ainsi, le long métrage Mélodie du Sud, de 1946, premier film Disney contenant de vrais acteurs, possède des allusions racistes et reçoit une critique très négative du public. C'est un des rares films qui ne sera jamais disponible en DVD à cause de ces références, même si d'autres films controversés, de propagande notamment, sont sortis en DVD par la suite. Ce n’est que plus tard, dans les années cinquante, que les studios retrouvent la croissance depuis des années de pertes alors même que la Guerre Froide approche. Cendrillon avait été un succès et la télévision commençait à apparaître.

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Disney, véritable passionné de trains.

Par ailleurs, Walt avait commencé à la fin des années quarante à collectionner des tas de figurines et décors miniatures dont il se servait pour décorer les alentours de son petit train. Cela devint vite une passion pour lui. Ainsi, il proposa à Ken Anderson, un artiste de chez Disney, de peindre les objets qu’il réalisait pour compléter ses paysages. Il lui donnerait de l’argent qu’il prélèverait sur sa propre paie. Anderson accepta et Walt lui confia une pièce au troisième étage du bâtiment d’animation. Ce dernier avait pour ambition de créer toute une petite ville américaine autour de son train, quelque chose qui ressemblerait à Marceline. Bientôt cela ne lui suffit plus : il voulut créer tout une exposition constituée de plusieurs tableaux, on l’où trouverait par exemple une grand-mère sur son rocking-chair et un groupe de chanteurs. Mais en 1951, il jugea que sans mouvement, tout ne serait pas complet. Il engagea donc les sculpteurs Christodoro et Wathel Rogers, le dessinateur Harper Goff, et Roger Brooggie, un mécanicien.

En mars, il avait déjà dépensé vingt-quatre mille dollars de train et de miniatures, et s’impliquait de moins en moins dans les affaires de la compagnie. Cela ne le découragea pas car il imaginait déjà son exposition : une suite de machines dans lesquelles il faudrait mettre une pièce pour voir la vitrine de la scène. Il avait même un nom : Disneylandia. Cependant, Walt se dit que ce ne serait pas rentable, et décida plutôt de participer à un concours avec son modèle de la grand-mère sur le rocking-chair en 1952. Celle-ci racontait même une histoire, et le travail fut très apprécié. Cela était en fait un essai avant un projet de plus grande envergure : Walt voulait créer un parc d’attraction.

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Locomotive Lilly Belle présentée à Disneyland en 1993.

Quand il emmenait ses filles au parc faire un tour de manège, Walt faisait une sorte de travail d’investigation. Il envisageait un train qui emporterait les gens autour du studio, ou sur un terrain non loin, dans une sorte de parc Mickey. Il serait constitué tout d’abord d’une petite ville sur le modèle de Marceline, contenant une gare. Il y aurait des bancs, des boutiques, un parc, ainsi qu’un commissariat, une caserne de pompiers, et un hôtel de ville. Aussi, il y inclurait une salle de représentation et un cinéma. Le parc, lui, comprendrait des stands de nourriture et un endroit réservé aux enfants. Ce n’était pas tout : il était également question d’une ferme, d’une ville du Far-West, d’un village indien et pour finir d’une zone « carnaval » et fête foraine.

Retour aux affaires du studio, « projet Disneylandia » et films en prises de vue réelles Modifier

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Affiche du long métrage Alice au Pays des Merveilles.

Walt revint aux affaires du studio. Il se rappelait qu’après le succès de Blanche-Neige, il avait, en 1938, acheté les droits d’Alice aux Pays des Merveilles. Il décida de relancer le projet en 1953. Selon le scénariste, l’histoire était difficile à adapter, et personne dans le studio n’était vraiment motivé. Walt demandait à ses équipes de rendre Alice moins froide quasi constamment, mais celle-ci restait assez distante. Quand il voulut abandonner, il se rendit compte qu’il était trop tard, le studio avait y déjà dépensé beaucoup d’argent, et tous seraient condamnés à terminer le long métrage. Comme prévu, il fut un échec commercial puisqu’il ne rapporta que les deux tiers de son investissement.

Un film d’aventures en prises de vues réelles, une adaptation de Robin des Bois appelée The Adventures of Robin Hood and His Merrie Men était en production au Royaume-Uni, et serait financé par RKO. Walt alla donc en Europe pour superviser le tournage. En fait, cela ressemblait plus à des vacances qu’à un déplacement professionnel. Walt avait emporté Lillian et leurs filles et ils avaient fait un petit tour touristique sur le vieux continent.

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Walt Disney avec les principaux personnages de l'univers de fiction qu'il a créé.

En outre, dès son retour aux studios, Walt se remit à penser à Disneylandia. Il en parlait tout le temps, aussi excité que lorsqu’il parlait de Blanche-Neige dans les années trente. Harper Goff dessinait des croquis et des plans du parc, qui contenait maintenant un lac et une île, sous la direction de Walt. Pourtant, son entourage était plus réservé sur le sujet. Beaucoup pensaient que le projet était trop ambitieux et dangereux. Roy, lui qui avait toujours veillé à l’équilibre économique et financier des studios, y voyait malgré tout un moyen de gagner de l’argent avec la télévision et les émissions qui pouvaient y être tournées. John Cowles était architecte, et Walt le sollicita pour réaliser des plans sur la base des dessins d’Harper Goff. Cependant la société avait besoin de l’autorisation de Burbank Parks and Recreation Board. C’est pourquoi des dessins de Don DaGradi leur furent envoyés, sur lesquels figuraient maintenant un vaisseau spatial, un bateau et un sous-marin. Le nom n’était toujours pas défini. On oscillait entre Mickey Mouse Village et A Trip Through Disneyland, Disneylandia ayant été abandonné car il était déjà le nom donné au projet des miniatures. Un jour, Walt proposa Disneyland, ce qui plut, on l’on décida alors simplement que le parc serait nommé ainsi.

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Affiche de Vingt mille lieues sous les mers.

Toutefois, il fallait continuer à entretenir les studios et les productions. Un autre film en prises de vue réelles débutait son tournage, The Sword in The Stone, le troisième tourné en Angleterre. Cet été, Walt fut une fois de plus appelé en Europe pour garder un œil sur le bon fonctionnement du tournage. Ce fut ensuite le tour de Rob Boy, the Highland Rogue, puis de Vingt mille lieues sous les mers, le premier film en prises de vues réelles des studios tourné aux Etats-Unis. Un C’est la Vie, La Grande Prairie, fut la proie d’une grande polémique. En effet, l’État de New York décida de couper un passage du film. On y voyait une mère buffle en train d’accoucher d’un bébé, ce qui, d’après la commission de censure, n’était pas approprié pour des enfants. Walt Disney fut appelé à s’exprimer quant à la controverse suscitée, et le fit avec humour : « Le vrai scandale serait que les enfants de New York s’imaginent que les bébés buffles aussi sont apportés par les cigognes ». Finalement, cette décision fut reconsidérée et c’est la version originale qui fut diffusée.

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Affiche de Peter Pan.

D’un autre côté, Walt s’occupait aussi de Peter Pan, qui suscitait chez tout le monde bien plus d’enthousiasme qu’Alice au Pays des Merveilles, et coûtait aussi plus cher. Quand le film sortit en février 1953, les critiques furent favorables, tout comme le public. Même si le succès du film était incontestable, Walt essayait de trouver des astuces pour améliorer la qualité sans augmenter le coût de production. Ken Peterson eut l’idée de laisser les artistes les moins talentueux faire les scènes les moins complexes, plus cartoon, ce qui impliquait d’avoir, avant même de commencer, un script et un story-board très précis pour répartir le travail.

Walt repensait souvent au passé, à ce petit studio où le premier Mickey Mouse fut réalisé, où l’effervescence de Blanche-Neige était palpable, où le groupe restreint d’animateurs se côtoyaient comme une fratrie dans la bonne humeur, où chaque projet mettait tout le monde en ébullition, et où chaque succès représentait un bond historique. Aujourd’hui dans de plus grands studios, les animateurs Disney étaient pour la plupart des dessinateurs moins talentueux et moins amicaux, au désespoir de Walt. Le parc le redynamisait, et il tentait encore une fois de recréer l’ambiance qu’il avait connu à Marceline, où l’entraide et le communautarisme régnaient.

Fondation de WED Enterprises Modifier

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Disney dans les locaux de WED Enterprises.

En décembre 1952 fut fondée WED Enterprises (pour Walt Elias Disney). Ainsi l’utilisation du nom Walt Disney hors de sa société serait interdite. Si Roy y voyait un intérêt économique, Walt avait une autre idée quant à l’utilisation qui serait faite de WED. Ce serait l’endroit où on élaborerait Disneyland et ses shows télévisés. Y furent engagés Bill Cottrell, Dick Irvine, Marvin Davis, Harper Goff et John Hench. Mais ces personnes étaient des animateurs, pas des designers de parcs d’attraction. Ainsi, il demanda l’aide des architectes Charles Luckman et William Pereira, mais rompit vite leur accord, jugeant qu’il n’était pas nécessaire de faire appel à eux. L’équipe effectua de nombreux voyages destinés à leur donner de l’inspiration. Ils visitèrent les parcs d’attraction européens, la Nouvelle-Orléans pendant Mardi Gras, étudièrent toutes sortes de bateaux à vapeur et de trains, et virent bien d’autres lieux. Quand ils visitaient un parc, ils examinaient, les chemins, l’affluence et les déplacements des visiteurs… Durant la conception, Walt était dur avec les apprentis concepteurs de parcs. Il voulait les pousser à proposer tout ce qu’ils pouvaient. Travailler sur Disneyland le rendait heureux. Enfin, il retrouvait cette ambiance des premiers jours, de l’équipe réduite, des studios de l’Hyperion Avenue.

Au départ, l’idée était de faire un simple parc d’attractions, censé apporter de l’amusement, comme un Knott’s Berry Farm, mais avec des attractions plus familiales. Plus le temps passait, plus le projet évoluait en un véritable pays de l’imagination, une expérience nouvelle et grandiose. Disneyland serait comme un film avec plusieurs scènes. Le saloon viendrait du film Calamity Jane, la croisière sur un fleuve de la jungle de The Africa Queen, le château serait celui dont tout le monde rêve, et Main Street USA l’idéalisation des villes américaines que Walt avait connu durant son enfance.

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Disney et son projet de Disneyland.

Walt avait toujours l'idée de son parc à Burbank, mais la ville ne voulait pas de parc d’attraction, donc lui et son équipe se mirent en quête d’un terrain assez grand pour accueillir son projet. Il trouvait aussi important d'avoir de la marge sur les alentours du terrain acheté. En juillet 1953, WED fit appel à Harrison Price de l’Institut de Recherche de Stanford (SRI) pour chercher une parcelle où construire son parc. À la fin du mois d'août, Price avait déduit que le meilleur endroit pour le parc serait Orange County, une zone au sud de Los Angeles qui était la première productrice d’oranges de la région. Finalement, le projet prit place à Anaheim, sur une parcelle de 1,6 hectare. Après avoir acheté le terrain pour un prix relativement raisonnable, Walt se mit en quête de subventions pour bâtir son rêve.

Animateur et producteur de télévisionModifier

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Disney s'essayant au rôle d'animateur de télévision.

En effet, Walt avait jusqu’à là toujours puisé dans son propre argent pour Disneyland, mais désormais cela ne suffirait plus. Sa solution était la télévision. Walt s’intéressait depuis longtemps à ce média, et dès 1950, avait diffusé un show de Noël avec la coopération de Coca-Cola comme sponsor. S’y trouvaient de vieux courts-métrages et des extraits d'Alice au Pays des Merveilles qui était alors le prochain film des studios. Ce fut un succès, et c’est ce qui encouragea Walt à recommencer, mais sous une autre forme. Ce serait une série, et le candidat idéal était La Marque de Zorro, un livre dont Walt avait acheté les droits à travers la WED. C’était sa croisade personnelle, selon lui, et il alla la proposer à plusieurs chaînes de télévision. Toutes voulurent voir un pilote de l’émission, et, irrité, Walt leur répondit qu’après toutes ces années à réaliser des films, il n’avait pas à faire ses preuves.

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Logo du Mickey Mouse Club.

Bill Cottrell, après bien des négociations, avait trouvé une opportunité. La chaîne voulait d’un programme d’une heure montrant des extraits de films Disney, sortis ou à venir, ainsi que l’avancement de la construction de Disneyland. Cottrell proposa aussi un épisode cinq jours sur sept de ce qui s’appellerait le Mickey Mouse Club, et qui serait tourné sur le parc, et un programme hebdomadaire d’une demi-heure avec des passages issus des films de la branche nature C’est la vie du studio. Pour terminer, il envisagea aussi une série en prises de vues réelles du nom de World of Tommorrow pour expliquer le passé et le futur de l’humanité.

Les jours passèrent et Roy se devait d’avoir une émission à proposer à la ABC et aux investisseurs : il fallait trouver autre chose que les vieux croquis d’Harper Goff et les dessins trop techniques de Marvin Davis. Un ancien directeur artistique et collègue de Dick Irvine, Herb Ryman, qui avait quitté les studios dans les années quarante pour rejoindre Twentieth Century Fox répondit à l’appel de Walt. Il le rejoignit en un quart d’heure aux portes des studios pour un entretien dans le bungalow de la WED (qui maintenant était surnommé Bâtiment Zorro). Il lui expliqua le concept de Disneyland et lui fit part du voyage de Roy. Quand Ryman voulut voir les croquis, Walt lui dit : « Tu vas faire les croquis ». Son interlocuteur objecta immédiatement. Désemparé, Walt lui demanda s’il acceptait de les faire s’il restait avec lui pour le superviser. L’autre finit par opiner. Pendant quarante-deux heures, entre le samedi et le dimanche, Herb dessina des rendus du futur parc. Il finit à temps pour que Davis et Irvine s’occupent de la coloration et aient le temps de les envoyer à Roy, à New York.

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Disney avec Donald dans The Donald Duck Story.

Malheureusement, après la présentation de Roy, ABC dit qu’elle ne pouvait pas supporter un investissement aussi lourd que Disneyland. C’était encore une chaîne toute jeune, et la plus faible de ses concurrentes. Mais Leonard Goldenson, le PDG, savait qu’il avait besoin de Disney et que Disney avait besoin de la ABC. En février 1952, les espoirs de Walt d’ouvrir le parc en 1955, comme cela était originellement prévu, étaient maigres. Goldenson se souvenait d’un homme appelé Karl Hoblitzelle avec qui il avait jadis travaillé, qui habitait dans le Texas. Ce dernier accepta après négociations, de lui prêter cinq millions de dollars, ce que les banques ne voulaient pas lui céder, trop incertaines quant au projet de Disney. Le 2 avril 1954 était décidé que contre les fonds nécessaires à la construction de Disneyland, ABC aurait trois saisons de son programme télévisé. Après estimations de la SRI, le parc coûterait cinq millions deux cent cinquante mille dollars. Le 1er mai, Disneyland était annoncé au public.

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Carton de titre de la première émission de la série Disneyland.

Encore fallait-il élaborer cette série. Le but étant de promouvoir Disneyland, l’idée serait par exemple de diffuser un documentaire sur le tournage des C’est La Vie pour Adventureland, ou une partie vantant le Western pour Frontierland, etc… Walt ne voulait pas que ça ne soit qu’un mix d’extraits de classiques et de courts métrages, ou les gens penseraient que l’émission était un simple recyclage de vieux produits Disney. Bill Walsh et Bill Anderson se chargeaient du programme. On y verrait des documentaires de tournage et des vues du parc comme prévu ainsi que des courts métrages faits spécialement pour la télévision. Le premier épisode fut bien reçu. Il voyait d’abord Walt décrivant son rêve de Disneyland, puis un reportage sur Mélodie du Sud. La deuxième partie se composait de L'Avion fou, Les Revenants solitaires et L'Apprenti sorcier.
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Disney avec deux de ses principales créations : Mickey et Donald.

Les responsables avaient justement fait ce que Walt ne voulait pas : recycler de vieilles productions. Toutefois, le public et les sponsors étaient très enthousiastes. Durant la première saison de sa diffusion, le programme attira chaque mercredi soir cinquante pourcents de l’audimat. Disney avait créé la première émission structurée et à grosse production de la télévision, et elle plaisait à toute la famille.

À chaque fois qu’il devait tourner une scène de Disneyland, Walt se disait terrifié. Il créa un personnage qui devint bientôt un personnage aussi célèbre que Mickey, et c’était lui-même. L’Oncle Walt était parfait, il était calme, chaleureux, il ne buvait ni ne fumait jamais – contrairement à Walt, qui était un grand fumeur. Désormais, tout le monde le reconnaissait quand il était en déplacement, alors il faisait de son mieux pour véhiculer la bonne image qu’on avait de lui. Il était devenu célèbre auprès du grand public en tant qu’homme et plus uniquement en tant que nom.

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Carton de titre des aventures de Davy Crockett.

Disneyland devait contenir Frontierland, le monde du passé et des westerns. On discuta des possibilités de programmes pour promouvoir celui-ci, et ce fut à la grande joie de Walt que Davy Crockett fut choisi. Au début, on pensait qu’il y aurait trop de combats contre les Indiens, mais le scénario laissait finalement assez de place à l’intrigue. La première diffusion de l’épisode un eut lieu le 5 décembre 1954, et ce fut immédiatement un immense succès. Ce qui caractérisait la série était notamment la chanson d’introduction : The Ballad of Davy Crockett. Elle devint une ode au patriotisme, rappelait aux Américains leurs héros du passé. Ce phénomène ressemblait à celui de Qui a peur du grand méchant loup. Le héros, joué par Fess Parker, devint également aussi connu que Mickey, Blanche-Neige et Cendrillon. D’énormes quantités de produits dérivés furent liquidées, ce qui n’était comparable chez Disney qu’avec le boom des goodies Mickey dans les années trente.

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Disney dans À la conquête de l'espace, épisode de la série Tomorrowland.

Walt était aussi tourné vers l’avenir, c’est pourquoi Tomorrowland se devait d’avoir sa série. C’était là le rôle de Man in Space qui fut lancé le 9 mars 1955, soit deux ans avant le premier homme dans l’espace et la mission Spoutnik. Avec la coopération de trois scientifiques, les directeurs de programme créèrent un épisode dédié aux énergies atomiques, du nom de Our Friend the Atom.

Pendant ce temps, Roy était mécontent de la RKO, qui distribuait les films Disney depuis dix-huit ans déjà. Il jugeait que la société était trop souvent réticente (notamment pour les C’est la vie) et qu’elle ne mettait pas assez l’accent sur la publicité. Ne trouvant rien qui ne puisse le convaincre, il se tourna vers une autre option : distribuer soi-même les films des studios. La création de Buena Vista, une filiale des Walt Disney Studios, rompit le contrat avec RKO. Le premier film dont la nouvelle branche des studios fit la promotion fut Désert Vivant, un C’est la vie. Il rapporta dix fois plus que la somme investie.

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Disney en compagnie de membres du Mickey Mouse Club.

Un dernier programme devait s’afficher sur le petit écran, mais contrairement à l’émission Disneyland, il y serait cinq jours par semaine, et c’était le Mickey Mouse Club. Les épisodes se déroulaient selon un schéma préétabli : d’abord, il y avait un journal télévisé pour enfants, ensuite un talent show, suivi d’un serial des Hardy Boys, et ils se terminaient par un cartoon classique. Des enfants devaient être invités pour chaque émission, ils porteraient des chapeaux en forme d’oreilles de Mickey et seraient appelés les Mouseketeers. Les adultes qui encadraient le programme étaient les Moosketeers. Une chanson de Jimmie Dodd, The Mickey Mouse March, ouvrait chaque épisode. Le show fut diffusé à partir d’octobre 1955. Mais Walt était affairé à d’autres projets, et la réalisation restait à désirer, car la préparation était le plus grand défaut du Mickey Mouse Club. L’équipe discutait du programme le matin, écrivaient une chanson dans les alentours de la mi-journée et tournaient l’après-midi. Même si l’émission était loin derrière les standards de qualité Disney habituels, elle plut aux plus jeunes, et elle réussit tout de même à trouver son public.

Concrétisation du projet DisneylandModifier

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Disney présentant une émission de Disneyland.

Walt était obnubilé par Disneyland, c’était ça son rêve, la télévision était juste un moyen d’y parvenir. Il y pensait tous les jours et tout le temps, si bien que c’en devint le seul projet dans lequel il s’investissait vraiment. Dans le bungalow de la WED se trouvaient désormais des tas de plans et de modèles réduits sur toutes les surfaces. Walt envoyait des employés visiter toutes sortes de parcs, de musées, de jardins, et sollicitait des patrons de parc d’attractions. Tous disaient que Disneyland était voué à l’échec.

Cela importait peu pour Walt. A vrai dire il ressortait toujours heureux de ces réunions. C’était un optimiste, et il aimait avoir à faire ses preuves une fois de plus. Car en fait l’avis des experts ne l’intéressait pas. Il cherchait des jeunes gens motivés et qui apprendraient, même s’ils faisaient des erreurs. Le directeur général du parc fut C. V. Wood, un homme de trente-trois ans qui travaillait avant à la SRI, la Stanford Research Institute (l’organisme qui s’était occupé des études de faisabilité de Disneyland).

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Disney montrant des plans de Disneyland à des officiels du comté d'Orange en décembre 1954.

La construction débuta le 12 juillet 1954. Ils avaient un an pour terminer Disneyland selon la volonté de Walt. C’est Joe Fowler qui fut désigné pour superviser les travaux. Fowler était un amiral retraité de la US Navy, et même s’il disait que le projet de Walt était insensé, sa réputation de « faiseur de miracles » n’était plus à refaire. Le chantier était frénétique et Walt aimait s’y promener, surveiller les travaux, parcourir chaque chemin pour faire ses remarques.

Quand 50% du budget fut dépensé, Walt se plaignit qu’il n’y ait rien d’autres que des fondations partout et quelques rares murs. Il disait que tout l’argent était dépensé sous terre, qu’il ne resterait plus rien pour le grand spectacle. Pendant ce temps, tout le monde s’activait. Les émissaires envoyés un peu partout dans le pays cherchaient les matériaux du parc : voitures d’Autopia, systèmes de Snow White’s Adventures et de Mr. Toad’s Wild Ride, une ménagerie complète pour Frontierland, un carrousel, et, surtout, un train.

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Disney sur le chantier de Disneyland.

Walt et Roy étaient toujours en quête d’investisseurs supplémentaires. Ils demandèrent à de grandes compagnies (dont notamment Kellog, Pepsi-Cola, Coca-Cola, Ford et Goodrich) si elles étaient intéressées par un parrainage de Disneyland. Nombreuses furent celles qui acceptèrent, à la surprise de Walt. Deux millions trois cents mille dollars supplémentaires furent ainsi collectés. Les chemins de fer Santa Fe Railroad sponsorisèrent le Disneyland Railroad ; American Motors, Circarama, un cinéma en 360°, Richfield Oil, Autopia, et bien d’autres. Toutefois, si Walt ne voulait au départ pas faire de concessions, le budget l’y força. C’est pourquoi certains projets furent avortés, comme Storybookland Canal Boats ou les bâtiments de Fantasyland, qui furent contraints à n’être que des préfabriqués avec une façade médiévale. Ou encore les arbres exotiques, qui ne purent pas arriver en aussi grand nombre que prévu.

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Maquette du parc Disneyland.

Walt pensait aussi que les employés devaient être formés correctement, selon un strict code, par la Disney University. Car il ne s’agissait pas là de travailler dans un parc d’attractions, mais de jouer un rôle, comme sur un plateau. C’était en fait un grand spectacle. Ceux qui seront plus tard nommés Cast Members devaient être souriants, et ne posséder ni barbe ni moustache. La propreté serait mise à l’honneur, contrairement aux autres parcs que Walt avait vus, où trainaient mégots et paquets de popcorn. C'était une utopie.

La date d’ouverture était fixée : le 17 juillet 1955. Il fallait faire vite et bien, car à cause de la publicité diffusée pour le parc tous les mercredis dans l’émission Disneyland, les attentes du public étaient grandes. Walt Disney aussi attendait la concrétisation de son rêve avec impatience. Dès qu’une attraction était terminée, il la testait en premier, aussi heureux qu’un enfant. Si elle lui plaisait, il en ressortait guilleret, sinon, il disait : « Réajustez ça et l’attraction sera de nouveau sur les rails. » Il inspectait aussi avec attention chaque bâtiment, chaque rebord de trottoir, chaque poubelle en griffonnant des notes sur un carnet. En test, il y invita des familles de certains des travailleurs des studios, ou des amis, et tous passèrent une journée sur le parc, agrémentée d’un barbecue. Walt Pfeiffer, qui avait été le meilleur ami de Walt durant son enfance, dit plus tard que ce fut fantastique.

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Le château de la Belle au Bois dormant achevé, en 1955.

Le trentième anniversaire de mariage de Walt et Lillian eut lieu quatre jours avant l’ouverture, et il fut décidé qu’il se déroulerait dans le parc. Ils en profitèrent pour inviter des proches, à qui Walt comptait bien sûr présenter Disneyland. Finalement, ayant un peu trop bu, il finit la journée sur la place passager de la voiture, faisant semblant de souffler dans une trompette, en tenant une carte du parc enroulée dans les mains. La soirée qui suivit se déroula sur le Hollywood Boulevard où plusieurs personnalités Disney furent conviées à une cérémonie de remerciements.

À la veille de l’ouverture, Walt décida soudainement qu’il voulait une exposition des décors de tournage de Vingt mille lieues sous les mers, à Tommorrowland. Malheureusement, la pieuvre géante avait été endommagée depuis les prises de vues. Il a donc fallu que Ken Anderson et Walt mettent un masque et se chargent de pulvériser de la peinture fluorescente sur le céphalopode, ce qui leur prit une grande partie de la soirée. Alors que tout le monde était anxieux, le grand enfant à l’origine du problème semblait se réjouir. Il aimait l’excitation.

1955–1966Modifier

Ouverture de DisneylandModifier

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Walt Disney dans le parc Disneyland.

Disneyland ouvrit comme prévu le 17 juillet 1955, même si la journée précédente avait été un véritable enfer pour tout terminer à temps. Quinze mille tickets d’entrée furent imprimés pour le premier jour, ce qui représentait à peu près la capacité du parc. Mais on se rendit vite compte qu’il existait des billets contrefaits, et autres combines, comme par exemple un homme qui avait installé une échelle afin de passer par-dessus la barrière et offrait cinq dollars l’entrée. Les employés tentaient tant bien que mal de réguler le flot de visiteurs en fermant les portes à intervalles réguliers, mais rien n’y faisait. Ce premier jour, ce furent vingt-huit mille personnes qui se massèrent dans un Disneyland plein à craquer.

D’autres problèmes survinrent également. Les femmes qui portaient des chaussures à talons hauts restèrent coincées dans l’asphalte de Main Street U.S.A., coulé il y avait peu et ramolli par la chaleur. Parfois, alors qu’on avançait sur un chemin, on remarquait que celui-ci se terminait mystérieusement sur une zone de terre non bâtie, car les moyens ou le temps avaient manqué pour terminer cet espace. Walt faisait sans cesse des aller-retour d’un bout à l’autre du parc et tentait de faire face aux contretemps rencontrés.

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Disney avec Art Linkletter, dans une émission promouvant le parc Disneyland.

Une émission spéciale fut diffusée à la télévision, devant soixante-dix millions d’Américains. On y voyait successivement trois points de vue différents présentés par trois personnalités : Art Linkletter, Ronald Reagan et Robert Cummings. Disneyland, « l’endroit le plus heureux sur Terre », était ouvert au public. La fille de Walt, Diane Disney, dira plus tard qu’elle n’a plus jamais vu d’homme aussi heureux que lui ce 17 juillet 1955. Ce soir-là, il dîna avec Linkletter dans le patio de son appartement au-dessus de la Fire Station de Main Street en regardant (et contrôlant) le feu d’artifice.

Si beaucoup furent néanmoins ravis du spectacle, certains journalistes désignèrent le parc comme étant un échec monstrueux, mais ces avis furent minoritaires. Ce fut dans tous les cas un élément majeur de l’imaginaire américain d’aujourd’hui, à la fois un retour dans l’enfance, un plongeon dans le monde des dessins animés de Walt Disney, une combinaison savante de douce nostalgie des temps passés et des promesses fantaisistes du futur et un symbole de l’américanisme. Disneyland fut un tel succès que sept semaines après l’ouverture, le 8 septembre 1955, on y accueillit le millionième visiteur.

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Une allée de Disneyland dans les années 1950.

Dès l’élaboration du parc, Walt ne cessait de s’exprimer avec un vocabulaire cinématographique à son sujet. Ainsi, c’était comme un film en trois dimensions : les bâtiments étaient des décors ; les animations et les attractions, des shows ; les employés, des acteurs ; et l’ensemble un plateau de tournage où des invités seraient conviés. Certains éléments jouaient avec les proportions. Par exemple, alors que le rez-de-chaussée d’une boutique de Main Street serait à une taille normale, le premier étage serait plus petit, et le dernier un peu plus encore, de sorte à économiser les matériaux tout en gardant une impression normale vue du sol, voire même de hauteur accrue. Il fut aussi acté assez tôt que la texture des sols changerait lors d’un passage d’un land vers un autre, pour faire ressentir une douce transition au visiteur.

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Disney devant le château de la Belle au Bois dormant de son parc Disneyland.

En fait Walt Disney voulait que ses visiteurs partagent sa vision idéale du monde, et qu’ils ressentent les différentes phases de sa vie, source d’inspiration pour la création du parc. Main Street était une idéalisation de Marceline, où il avait vécu durant son enfance. Frontierland représentait son patriotisme et Adventureland son goût pour l’inconnu et l’exotisme. Fantasyland était le pays de ses rêves et de son imagination, et Tommorrowland celui de l’innovation qui l’a toujours animée. Chaque monde était une partie de lui-même en quelques sortes. Disneyland représentait un monde où tout était maîtrisé, où les tracas du quotidien n’existaient plus. Comme dans ses dessins animés et ses films, il y avait ajouté une notion de contrôle importante à ses yeux qu’il s’était toujours efforcé à trouver.

Création de Walt Disney Records, production de courts métrages éducatifs et Jeux olympiques Modifier

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Disney dans A Tribute to Joel Chandler Harris.

En 1956, Walt Disney présente ses talents de conteur dans un documentaire. Ce dernier raconte la jeunesse de Joel Chandler Harris, auteur des histoires d'Oncle Rémus. Le documentaire est nommé A Tribute to Joel Chandler Harris. Il est diffusé le 18 janvier 1956 sur la chaîne documentaire ABC de Disneyland. Walt fonda, au cours de la même année, accompagné de Roy Disney et de Jimmy Johnson, le label Walt Disney Records (son nom de départ fut Disneyland Records). Ce label est une société filiale de The Walt Disney Company, son rôle étant de distribuer les productions musicales Disney.

Walt produit un grand nombre de courts métrages éducatifs traitant du programme spatial de l'Amérique. Il collabora en effet avec le concepteur de la fusée Saturn V, Wernher von Braun, travaillant pour la NASA. Ainsi, des courts métrages comme Man in Space, Man and the Moon (1955) et Mars and Beyond sont produits, et ce dernier sort en 1957. La même année, Disney rencontre Jim Henson, le créateur des célèbres marionnettes, les Muppets. Ensembles, ils créent les premiers personnages des Muppets.

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Donald dans Donald au pays des mathémagiques.

Deux ans plus tard, en 1959, c'est la sortie du court métrage Donald au pays des mathémagiques, il est conçu comme un programme éducatif et deviendra l'un des plus populaires réalisé par Disney. Ainsi, en 1960, le court métrage reçut l'Oscar du meilleur court métrage documentaire. Walt Disney expliqua que ce dessin animé était un bon moyen pour stimuler l'intérêt. Walter Elias avait donc le plaisir de donner le goût d'apprendre aux spectateurs. Cette même année, la société WED Entreprises organise les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympique d'hiver de 1960, s'étant déroulés à Squaw Valley du 18 février 1960 au 28 février 1960.

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Disney en compagnie de deux responsables des Jeux olympiques d'hiver 1960.

Walt Disney sera le président du « Comité des spectacles » durant ces Jeux. Il prévoit la cérémonie d'ouverture avec cinq mille artistes, la libération de deux mille pigeons et huit coups de canons. Pour les huit précédents Jeux olympiques d'hiver. La participation de la société WED Entreprises se remarqua aussi dans le décor ; ainsi, on pouvait voir des sculptures de neige, inspirées des sculptures des héros que l'on observait lors des Jeux olympiques anciens, en Grèce. Une tour de près de vingt-cinq mètres de haut arborant les drapeaux de chaque pays participant fut également dressée.

Une société devenue un empire Modifier

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Disney face à Mary Poppins.

En 1960, le premier producteur au monde de divertissements familiaux est l’empire de Walt Disney, les Walt Disney Productions. Pour ce qui est de la carrière de Walt, les sixties marquent son sommet. Le Mickey Mouse Club est un triomphe. Par ailleurs, sortent consécutivement les films d’animations tels que Les 101 Dalmatiens en 1961, Merlin l’Enchanteur en 1963 et Mary Poppins. Chaque film d’animation est adapté d’un livre, et est parfois mêlé avec quelques pincées de légendes de Chrétien de Troyes, comme dans Merlin l’Enchanteur. En 1964, après des années de lutte acharnée pour obtenir les droits du livre Mary Poppins de Pamela Travers, Disney les reçoit enfin, et c’est ainsi que sort le vingt-troisième long métrage d’animation des studios Disney, mélangeant prises de vues réelles et personnages animés.

Walt Disney World Resort ou « projet Floride » Modifier

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L'entrée de Walt Disney World Resort.

En 1964, Walt Disney propose le « Projet Floride », connu également sous le nom de Walt Disney World Resort. L’empire fondé par Walt Disney achète discrètement des terrains, au nom de sociétés écrans, au Sud de la Floride, au sud-ouest d’Orlando, dans une zone rurale où nous pouvons voir des plantations d’orangers. Grâce à sa notoriété, il réussit à modifier en sa faveur la législation de l’État pour avoir un contrôle quasi-gouvernemental sur les terrains achetés. Par ailleurs, avec la fondation du Reed Creek Improvement District en 1966, le projet « Walt Disney World Resort » commence petit à petit à se développer encore plus. Roy Oliver, le frère de Walt Disney, et celui-ci, montrent au public les plans du futur Walt Disney World Resort.

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Disney avec Ludwig von Drake dans une émission de Disneyland.

Selon les plans, le projet doit avoir une partie appelée Magic Kingdom (« Royaume Enchanté »), des parcours de golf et quelques hôtels. Le centre de Disney World doit se nommer The Experimental Prototype City (or Community) of Tomorrow (ou, en français, « La Cité Prototype Expérimentale de Demain »). Ce centre doit être conçu comme un genre de mini-ville, où les citadins peuvent vivre, travailler et agir en se servant de technologies conçues par des scientifiques pendant que ceux-ci développent et testent d’autres technologies qui ont pour but d’améliorer la vie et la santé de l’Homme. Cette partie du projet ne verra finalement jamais le jour.

Décès et hommages Modifier

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L'étoile de Walt Disney du Walk of Fame, sur Hollywood Boulevard.

Le 19 septembre 1966, durant une conférence de presse, Walt Disney révèle son travail sur le projet : Disney’s Mineral King Ski Resort. Le créateur paraît pâle et fébrile. Personne ne se doute que cette conférence sera l’ultime conférence de sa vie. A l’automne suivant, sa santé empire. Walt Disney arrête son investissement personnel dans le projet Disney World. L’été d’après, selon les médecins de l’hôpital St Joseph, situé tout près des studios Disney à Burbank, il sera atteint d’une tumeur cancéreuse dans le poumon gauche de ce fumeur.

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Stèle marquant l'endroit où repose Walt Disney.

Deux semaines après son anniversaire, le 15 décembre 1966, vers 9 heures 30 du matin, les médecins déclarent ouvertement la mort du créateur, décédé d’un cancer du poumon. Le lendemain, le 16 décembre donc, la crémation a lieu. Les cendres traversent tout le pays et reposent dans la crypte familiale, située au cimetière du Forest Lawn Memorial Park de Glendale, en Californie.

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Walt Disney avec une partie de ses Oscars.

Un an après sa mort, le dessin animé Le Livre de la Jungle, adapté du roman de Rudyard Kipling, sort au cinéma, en 1967 donc. Dernier film supervisé par Walt Disney en personne, nous pouvons lire dans le générique de fin un hommage au créateur.

Héritage et postérité Modifier

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Timbre américain de 1968 à l'effigie de Walt Disney.

Le succès de Walt Disney est incomparable et peut être résumé en deux réalisations : Blanche-Neige et les Sept nains et le Parc Disneyland. La première démontre tout son génie artistique, car il ne s’agit ni plus ni moins que du tout premier long métrage d’animation de l’histoire du cinéma, dont le succès fut tel qu’il est considéré de nos jours comme l’un des films les plus populaires du XXème siècle, ouvrant par ailleurs la voie à des milliers d’autres longs métrages d’animation. Disney peut ainsi être considéré comme un pionnier, un homme audacieux qui a réussi à réaliser ses idées les plus folles. La deuxième illustre son talent d’entrepreneur et homme d’affaires. Aujourd’hui, Disneyland est la plus grande et la plus populaire attraction touristique privée au monde, et plusieurs parcs semblables ont ouvert en Europe et en Asie. Là aussi, Disney a agi en pionnier, étant le tout premier à se lancer dans la création de parcs à thèmes, un concept désormais largement répandu.

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Statue représentant Disney dans le parc Disneyland aux côtés de l'un des symboles de sa réussite : Mickey Mouse.

L’héritage laissé par Walt Disney est immense. Récompensé par 22 Oscars et 4 Oscars d’honneur – un record jamais égalé –, cet homme marqua profondément l’Amérique du XXème siècle, et représente à lui tout seul l’idéal américain, le self-made man, celui qui venait de rien pour devenir l’un des producteurs les plus puissants de l’histoire du cinéma. Walt a réussi à faire de l’entreprise créée dans la cave de son oncle un empire de loisirs et de média ; le petit studio d’animation des débuts s’est ainsi transformé en une multinationale milliardaire toujours aussi prolifique de nos jours. Disney, maître du divertissement, laissa derrière lui pas moins de vingt-trois longs métrages et des centaines de dessins animés et émissions de télévision. Son œuvre reste ainsi gravée dans l’inconscient collectif.

En coulisses Modifier

Filmographie sélective Modifier

Walt Disney est à l'affiche de nombreuses productions principalement des animations de ses propres studios comme producteur essentiellement, mais aussi en tant qu'acteur, réalisateur ou scénariste. On peut dégager une liste des principaux films auxquels il a participé :

  • 1923 à 1927 : Alice Comedies (série)
  • 1927 : Oswald le Lapin Chanceux (Oswald the Lucky Rabbit) (série)
  • 1928 : Steamboat Willie (court métrage)
  • 1929 : Silly Symphonies (série)
  • 1937 : Blanche-Neige et les Sept Nains (Snow White and the Seven Dwarfs)
  • 1940 : Pinocchio
  • 1940 : Fantasia
  • 1941 : Le Dragon récalcitrant (The Reluctant Dragon)
  • 1941 : Dumbo
  • 1942 : Saludos Amigos
  • 1942 : Bambi
  • 1943 : Victoire dans les airs (Victory Through Air Power)
  • 1943 : Der Fuehrer's Face
  • 1944 : Les Trois Caballeros (The Three Caballeros)
  • 1946 : Mélodie du Sud (Song of the South)
  • 1946 : La Boîte à musique (Make Mine Music)
  • 1948 : Danny, le petit mouton noir (So Dear To My Heart)
  • 1949 : Le Crapaud et le Maître d'école (The Adventures of Ichabod and Mr. Toad)
  • 1950 : Cendrillon (Cinderella)
  • 1950 : L'Île au trésor (Treasure Island)
  • 1951 : Alice au Pays des Merveilles (Alice in Wonderland)
  • 1953 : Peter Pan
  • 1954 : Vingt Mille Lieues sous les mers (20 000 Leagues Under the Sea)
  • 1955 : La Belle et le Clochard (Lady and the Tramp)
  • 1959 : La Belle au bois dormant (Sleeping Beauty)
  • 1961 : Les 101 Dalmatiens (One Hundred and One Dalmatians)
  • 1963 : Merlin l'Enchanteur (The Sword in the Stone)
  • 1964 : Mary Poppins (Mary Poppins)
  • 1967 : Le Livre de la jungle (The Jungle Book)

Distinctions Modifier

Walt Disney détient le record des récompenses aux Oscars du cinéma avec 22 dans des catégories en compétition et 4 en l'honneur de ses contributions :

  • 1932 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Des arbres et des fleurs (1932)
  • 1932 : Oscar d'honneur pour : création de Mickey Mouse.
  • 1934 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Les Trois petits cochons (1933)
  • 1935 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Le Lièvre et la Tortue (1934)
  • 1936 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Trois petits orphelins (1935)
  • 1937 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Cousin de campagne (1936)
  • 1938 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Le Vieux Moulin (1937)
  • 1938 : Oscar d'honneur pour : Blanche-Neige et les Sept Nains (1937), formé de 8 statuettes, une grande et 7 petites, en hommage au film.
  • 1939 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Ferdinand le taureau (1938)
  • 1940 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Le Vilain Petit Canard (1939)
  • 1940 : Oscar d'honneur pour : Fantasia (1940)
  • 1942 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Tends la patte (1941)
  • 1943 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Der Fuehrer's Face (1942)
  • 1949 : Oscar du meilleur court métrage d'action sur deux bobines pour : L'Île aux phoques (1948)
  • 1949 : Irving G. Thalberg Memorial Award
  • 1951 : Oscar du meilleur court métrage d'action sur deux bobines pour : La Vallée des castors (1950)
  • 1952 : Oscar du meilleur court métrage d'action sur deux bobines pour : La Terre, cette inconnue (1951)
  • 1953 : Oscar du meilleur court métrage d'action sur deux bobines pour : Les Oiseaux aquatiques (1952)
  • 1954 : Oscar du meilleur film documentaire pour : Le Désert vivant (1953)
  • 1954 : Oscar du meilleur court métrage documentaire pour : The Alaskan Eskimo (1953)
  • 1954 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Les Instruments de musique (1953)
  • 1954 : Oscar du meilleur court métrage d'action sur deux bobines pour : Au pays des ours (1953)
  • 1955 : Oscar du meilleur film documentaire pour : La Grande Prairie (1954)
  • 1956 : Oscar du meilleur court métrage documentaire pour : Men Against the Arctic (1955)
  • 1959 : Oscar du meilleur court métrage de fiction pour : Grand Canyon (1958)
  • 1969 : Oscar du meilleur court métrage d'animation pour : Winnie l'ourson dans le vent (1968)

Généalogie Modifier

Marié à Flora Call (1868—1938) depuis le 1er janvier 1888, Elias Charles Disney (1859–1941) a cinq enfants avec celle-ci :

  • Herbert Arthur Disney (1888—1961), marié à Louise R. Rast, avec laquelle il a une fille :
    • Dorothy Disney (1915–2007), femme de Glenn D. Puder (1911–2011), et mère de David, Paul et Linda Puder.
  • Raymond Arnold Disney (1890—1989), époux de Meredith A. (1907–1998), de laquelle il obtient deux fils :
    • Charles Elias Disney (1940–?), mari de Mary Elizabeth O'Brien, avec laquelle il est le parent d'un fils :
      • Charles Roy Disney (1969–1972).
    • Daniel Harwood Disney (1956 ; adopté).
  • Roy Oliver Disney (1893–1971), époux d'Edna Francis (1890–1984), qui lui donne naissance à un fils :
    • Roy Edward Disney (1930—2009), d'abord marié à Patricia Ann Dailey (1935–2012) de 1955 à 2007, puis à Leslie DeMeuse de 2008 à 2009. Il est le père de quatre enfants, qu'il a eu avec sa première femme :
      • Roy Patrick Disney (1957).
      • Susan Disney Lord (1958).
      • Abigail Disney Hauser (1960).
      • Timothy « Tom » Disney (1961).
  • Walter Walt Elias Disney (1901–1966), mari de Lillian Marie Disney (1899–1997), et père de deux filles issues de cette union :
    • Diane Marie Disney (1933–2013), femme de Ronald William Miller (1933), avec qui elle a sept enfants :
      • Christopher Disney Miller (1954).
      • Joanna Sharon Miller (1956), mariée à Louis J. Runeare (1951) depuis le 16 décembre 1978, avec lequel elle a deux enfants :
        • Nicholas Carcido Runeare (1981).
        • Sebastian Disney Runeare (1989).
      • Tamara Diane Miller (1957), épouse de Grant Scheer.
      • Jennifer L. Miller (1960), femme de Robert A. Goof (1959) depuis le 29 juin 1985.
      • Walter Elias Disney Miller (1961).
      • Ronald William Miller, Jr. (1963).
      • Patrick D. Miller (1967).
    • Sharon Mae Disney (adoptée ; 1936–1993), épouse de Robert Borgfeldt Brown (1928–1967) du 10 mai 1959 au 14 septembre 1967, puis de William S. Lund en 1968 (divorce). Elle a trois enfants de ses deux unions :
      • Victoria Brown (1966–2002).
      • Brad et Michelle Lund (1970).
  • Ruth Flora Disney (1903–1995), femme de Theodore Charles Beecher (1906 - 1995), avec qui elle a un fils :
    • Theodore « Ted » Warren Beecher (1940–2009), mari de Carolyn Faye Boggs (1944–2012), avec laquelle il a trois enfants :
      • Pamela, Daniel et William Beecher.

Notes et références Modifier

  • disneylandparis-news.com : Disneyland Paris et la France : un lien historique.
  • chroniquedisney.fr : Walt Disney.
  • chroniquedisney.fr : La Famille Disney.
  • Pierre Lambert : Walt Disney, l'âge d'or.
  • Bob Thomas : Disney's Art of Animation.
  • Leonard Maltin : The Disney Films: 3rd Edition.
  • J.B. Kaufman : Blanche-Neige et les Sept Nains : les coulisses d'un classique de l'animation.
  • Éditions Blu-Ray Blanche-Neige et les Sept Nains, Pinocchio, Fantasia.
  • web.archive.org : The Golden Age of Animation.
  • Bob Thomas : Walt Disney: An American Original.
  • Neal Gabler : Walt Disney the Biography.
  • Dave Smith et Steven Clarck : Walt Disney : 100 ans de magie.
  • Flora O'Brien : Walt Disney's Mickey Mouse : His Life and Times.
  • Dave Smith : Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia.
  • Christopher Finch : The Art Of Walt Disney - From Mickey Mouse To The Magic Kingdoms.
  • Steven Watts : The Magic Kingdom.
  • Christopher Finch : L'Art de Walt Disney de Mickey à Mulan.
  • Bernice Selden : The Story of Walt Disney, Maker of Magical Worlds.
  • Christopher Finch : Notre Ami Walt Disney.
  • Bob Thomas : Walt Disney, an American original.
  • Neil Sinyard : The Best of Disney.
  • Steven Watts : The Magic Kingdom.
  • Russel Merritt and J.B. Kaufman : Walt Disney's Silly Symphonies.
  • Leonard Mosley : The Real Walt Disney, A Biography.
  • Sébastien Roffat : Animation et Propagande.
  • Frank Thomas et Ollie Johnston : The Disney Villain.
  • Michael Barrier : The Animated Man: A Life of Walt Disney.
  • Richard Schickel : The Disney Version.
  • John G. West : The Disney Live-Action Productions.
  • Leonard Mosley : Disney's World - A Biography by Leonard Mosley.
  • Le Figaro hors-série : Disney, passeur d'histoires.
  • Sarah Colt : Walt Disney - les deux parties.

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