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Le Journal de Mickey

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Le Journal de Mickey ou JDM est un magazine hebdomadaire français de bande dessinée. Fondé en 1934 puis relancé en 1952, c'est la plus ancienne et la plus lue des revues Disney. C'est également l'hebdomadaire ayant le plus grand succès chez les enfants et préadolescents en France.

HistoireModifier

PrésentationModifier

Le Journal de Mickey a été introduit en France par Paul Winkler, fondateur de l'agence Opera Mundi, détentrice des droits des bandes dessinées Disney en France, ainsi que d'autres comics américains. Il est destiné aux enfants de sept à treize ans.

Ses pages se répartissent entre bandes dessinées des univers de Mickey Mouse et de Donald Duck, bandes dessinées (mais également des romans) et gags d'auteurs francophones ou américains, et des parties axées sur la nature, les nouvelles technologies, et le monde actuel. Chaque numéro, des années 1950 à la fin des années 1980, comporte un éditorial signé Onc'Léon. Chaque numéro se termine par une planche en quatrième de couverture dont le titre est Les p'tits boulots de Donald et qui raconte une courte aventure de Donald cherchant du travail.

Les bandes dessinées Disney sont principalement des créations des studios Disney (États-Unis, Italie, France, Danemark et Espagne plus récemment). Propre à la version française fut un feuilleton des années 1950 et 1960 nommé Mickey à travers les siècles, où Mickey parcourait l'histoire de France en changeant d'époque chaque fois qu'il recevait un choc sur la tête.

Le Journal de Mickey est publié depuis le 21 octobre 1934 à l'exception d'une interruption de publication entre 1945 et 1952[2]. En 1952, lors de la « renaissance » du magazine, la numérotation reprend à zéro[3].

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Le Journal de Mickey no1 (« avant-guerre », 1934).

Lors de son lancement en 1934, le magazine est constitué de huit pages grand format dont la moitié est en couleur. L'intérieur du journal se constitue alors de neuf bandes dessinées (dont une de Mickey), de deux romans, de six rubriques d'informations, de deux concours, de jeux, de blagues, etc.

Quand il reparaît en kiosques le 29 mai 1952[4], il est plus petit que le précédent, mais il comporte seize pages (dont huit en couleur).

Dans le no763 du 8 janvier 1967, Le Journal de Mickey rend hommage à celui qui est présenté comme « l'ami public numéro un » ; Walt Disney, créateur de Mickey, vient tout juste de décéder.

Le premier magazine entièrement en couleurs est publié le 7 mars 1971. C'est le no977.

En 1979, le journal crée un hors-série nommé Spécial Mickey Géant qui est l'ancêtre de Mickey Parade. En 1982, c'est également sous la forme de hors-série que sort donc le tout premier Mickey Parade[5].

En 1999, à l'occasion de Noël et du passage à l'an 2000, l'hebdomadaire publie un numéro double du Journal de Mickey, le n°2479/2480, permettant ainsi à l'équipe de se reposer à l'approche des fêtes de fin d'année. Depuis ce jour, un numéro double paraît chaque année, la semaine précédent Noël.

Le Journal de Mickey no2738 du 8 décembre 2004 est un petit événement : il est offert avec des lunettes trois dimensions. Toutes les photographies et une aventure de Mickey sont en relief.

Le site Internet du journal est lancé le 14 septembre 2009.

Le 16 décembre 2009, sort un magazine très spécial : le no3000. Pour cette occasion, le magazine publie un poster géant constitué de photographies de près de trois mille lecteurs. Le Journal de Mickey a réussi à se maintenir plus longtemps que ses concurrents, n'étant égalé en longévité que par Le Journal de Spirou. À la différence de Pilote, il n'a pas cherché à grandir en même temps que ses lecteurs, des babys-boomers aux jeunes adultes - ce à quoi les bandes dessinées de style Disney ne se prêtaient pas vraiment.

L'Europe en criseModifier

1934 est une année sombre pour l'Europe. Au mois d'août, Adolf Hitler est devenu le maître absolu d'une Allemagne qui entraînera bientôt le monde entier dans sa folie destructrice. Pendant l'été, le chancelier Dollfüs a été assassiné à Vienne par des nazis autrichiens. En Belgique, le mythique roi Albert Ier, qui avait incarné la résistance de son peuple lors du premier conflit mondial, perd la vie dans un tragique accident d'escalade. Le 9 octobre, c'est au tour du roi Alexandre Ier de Yougoslavie et du ministre français des Affaires étrangères Louis Barthou d'être tués, victimes de la vindicte d'un terrorisme croate. En Italie, Benito Mussolini apparaît au faîte de sa puissance. Petit à petit, l'Europe des années trente s'enfonce dans le marasme. D'un côté, des démocraties hésitantes et convaincues que la raison finira par l'emporter. De l'autre, des régimes totalitaires qui se sont lancés dans des politiques nationalistes agressives, servies par d'ambitieuses stratégies de réarmement. La situation est grave mais le spectre d'un conflit paraît encore lointain et, pour le dire, irréel.

Une surprise dans tous les kiosquesModifier

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Premier Journal de Mickey de la nouvelle série.

À l'époque, le jour de congé des écolier est encore le jeudi. Un moment privilégié au milieu de la semaine qui est consacré aux jeux, aux bons moments passés en famille, et aussi à la lecture. Le 18 octobre 1934 est un jour à marquer d'une pierre blanche. Une grande nouveauté débarque dans les kiosques. S'agit-il d'un nouvel illustré ? Non, c'est beaucoup mieux et, surtout, beaucoup plus ambitieux. C'est le premier numéro d'un véritable journal pour enfants portant le nom de la souris déjà partie à la conquête du monde : Mickey Mouse, un personnage né en 1928 des imaginations de certains Walt Disney et Ub Iwerks. Le journal est vendu trente centimes, et il ne lui faut que quelques semaines pour battre tous les records de vente, en approchant les quatre-cent-mille exemplaires. Du jamais vu ! Dès ses premiers pas, Le Journal de Mickey est un véritable phénomène de presse.

Paul Winkler et Walt Disney : les hommes derrière le succèsModifier

Certes, il n'y aurait jamais eu de Journal de Mickey sans Walt Disney. Mais, soyons honnêtes, il n'y aurait jamais eu de Journal de Mickey sans Paul Winkler. Chacun des deux hommes est un visionnaire dans son domaine. Le premier est un remarquable raconteur d'histoires doublé d'un redoutable homme d'affaires. Le second est un habille touche-à-tout développant ses talents dans ce domaine économique bien particulier que l'on n'appelait pas encore les médias. Ils ont beau avoir suivi des itinéraires différents, ils possèdent tous deux une même capacité à humer et même à devancer l'air du temps. Winkler n'est pas un artiste, mais il n'a pas son pareil pour les mettre en valeur. Et surtout, il n'hésite pas à penser loin et grand. Cela va lui porter chance...

Un nouveau monde : la syndicationModifier

Dès le début du XXè siècle, le procédé de la syndication connaît un grand succès aux États-Unis. Comme le pays est vaste, il permet de fournir des articles à des journaux qui sont toujours en quête de contenu, mais qui ne disposent pas des ressources financières ou humaines nécessaires pour les produire. Paul Winkler veut adapter la recette américaine à la sauce européenne, et, à ces fins, il fonde l'agence Opera Mundi en 1928. Opera Mundi... combien de générations n'ont-elles pas été intriguées par cette petite mention (discrète mais mythique) qui apparaissent à la fin des articles ou des bandes dessinées ? À vrai dire, derrière ce nom se cache une structure très modeste : Paul Winkler et son assistante Betty Dablanc (qui deviendra bientôt son épouse), une fine et restreinte équipe ayant trouvé asile dans un petit bureau situé rue d'Auber, à Paris. Les débuts sont compliqués parce qu'il ne s'agit pas seulement de vouloir vendre de la matière, encore faut-il en posséder ! Winkler se heurte à la frilosité des Américains mais, à force de culot, il réussit à convaincre la grande agence King Features Syndicate de choisir Opera Mundi pour devenir son correspondant attitré en Europe. Il s'agit d'un coup de maître pour Paul, qui a désormais en sa possession un stock de trésors parmi lesquels on compte Mandrake le magicien, Pim, Pam, Poum !, Guy l’Éclair, Prince Vaillant et autres Jim-la-Jungle. Autant de noms qui résonnent familièrement à nos oreilles. En 1930, cette écurie de héros en papier s'enrichit d'une recrue de choix : un certain Mickey Mouse.

La bande dessinée ? C'est pour les enfants !Modifier

Pour Winkler, l'affaire n'est pas encore gagnée. certes, il possède des pépites dans son portefeuille de séries américaines, mais il lui reste à convaincre les éditeurs de l'époque que la bande dessinée n'est pas seulement destinée à un public enfantin, et qu'elle a sa place dans des journaux dits « sérieux ». Certains font de timides tentatives, mais tout cela manque singulièrement d'audace. Et si Le Petit Parisien publie Mickey, Winkler est convaincu que le personnage vedette de Walt Disney mérite mieux que cette petite visibilité. Dans un premier temps, il se tourne vers l'édition et convainc la Librairie Hachette de publier dès 1931 les premiers albums de ses personnages ; seront choisis Mickey Mouse et Félix le chat. Mais, à ce petit jeu, c'est la souris qui croque bien vite le chat. Le personnage de Disney écrase même son rival, et sa popularité devient de plus en plus évidente. Paul est heureux, et il ne doute plus qu'il est grand temps de passer à la vitesse supérieure. Il peste aussi contre ces rétrogrades et autres esprits chagrins, qui continuent à condamner les bulles, et estiment qu'un texte narratif accompagnant l'illustration est beaucoup plus convenable. Il faut vivre avec son temps, et Paul Winkler finit par se dire qu'on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. D'autant plus qu'il a une idée qui, avec le temps, se clarifie dans son esprit. Une idée géniale, et forcément un peu folle...

Et si on lançait un journal ?Modifier

Comme toutes les grandes idées, celle de Paul Winkler est à la fois simple et géniale. Il veut créer un journal, qui portera fièrement les couleurs de Mickey. Contrairement à d'autres illustrés pour la jeunesse, il ne veut pas d'une feuille naïve ou simpliste. Non, il rêve d'un titre moderne, bien ancré dans son époque. En fait, il s'agirait d'un « vrai » journal, mais destinée à la jeunesse... même si les adultes n'en seraient pas totalement exclus. Ce positionnement tient tout simplement à la personnalité de Mickey, qui transcende les genres (cinéma, bande dessinée, récits romanesques, histoires vraies...) et les générations (de sept à soixante-dix-sept... même si ce slogan ne sera jamais le sien !). Il reste encore à trouver le financement, et à obtenir l'autorisation du concepteur du personnage. Après quelques tâtonnements et autant de refus, c'est vers la Librairie Hachette qu'il se tourne à nouveau. Paul Winkler respire, et se dit qu'il est presque au bout de ses peines.

En 1933, Walt Disney effectue un voyage à Londres, et l'entrepreneur de presse l'y rejoint. Pour la première fois, les deux hommes se rencontrent, et, de toute évidence, le courant passe immédiatement entre eux. Pour être honnête, Walt Disney se montre plutôt dubitatif face à l'idée de l'Européen. La culture du journal jeunesse n'appartient pas à la tradition d'outre-Atlantique, mais Paul sait trouver les mots justes pour le convaincre. Alors que les Américains ont la réputation de tout baliser et de tout prévoir précisément de manière contractuelle, il n'en est rien pour ce projet un peu fou. Mais l'accord de principe de Walt suffit à Winkler. C'est presque gagné ! Il ne reste plus qu'à réaliser le journal, en passant de la théorie à la pratique.

Ils ont inventé Le Journal de MickeyModifier

Pas facile de trouver les perles rares qui vont rejoindre la rédaction du nouveau journal. C'est d'autant plus compliqué que Paul a une idée très précise de ce qu'il désire. Le patron a un problème avec la série des « Silly Symphonies », des Symphonies folâtres pour lesquelles il souhaite des textes en vers libres. Comme toujours, il rejette le côté puéril de certains textes, et se montre plus ambitieux. Un jour, il éconduit au téléphone un candidat malheureux qui s'était présenté pour ce travail, alors qu'un certain « Léon Sée » se trouve dans son bureau. L'homme présente un itinéraire professionnel atypique : après avoir été manager de boxeurs, il a proposé une série d'articles sur ce thème à Opera Mundi. Paul Winkler est intéressé par le projet, mais encore plus quand le fameux Léon lui offre de faire un essai. Cette rencontre entre ces deux hommes inspirés est devenue mythique dans l'histoire du Journal de Mickey. Sée convainc Winkler qu'il est la bonne personne pour cet emploi, sans savoir que cette première victoire n'est que le début d'une longue collaboration. C'est lui qui signera le célèbre éditorial du magazine, le Billet d'Onc'Léon, constituant pour les lecteurs un lien irremplaçable avec leur magazine.

Huit pages de bonheurModifier

La pagination du Journal de Mickey a beau être modeste (huit pages), le magazine n'en possède pas moins, dès sa fondation, tous les atouts qui feront son succès. Ainsi, il propose à ses lecteurs uniquement des séries à bulles, qui relèguent les vieux textes narratifs à la préhistoire de la bande dessinée. Mais ce n'est pas tout : Le Journal de Mickey compte aussi des romans, des blagues, des jeux, des rubriques, et même... de la réclame ! Un vrai journal fait sérieusement mais qui, surtout, ne se prend pas au sérieux. Un vrai magazine comme pour les grands, mais destiné aux petits. Avec la mine de séries de la King Features Syndicate représentées par Opera Mundi, Paul Winkler n'a pas beaucoup de problèmes pour remplir ses pages. Il impose dès le départ la formule d'un journal placé sous le signe de Disney, mais qui ne propose pas que des séries Disney. Et le papa du journal ne laisse rien au hasard quand il s'agit de son bébé de papier. Il relit, corrige, annote, réécrit des textes... Lui, l'émigré hongrois qui a bourlingué à travers l'Europe, entend que son magazine en français soit parfait et inattaquable. À tous ceux qui estiment que la presse jeunesse est un genre mineur, il veut prouver le contraire.

Bizarre, vous avez dit bizarre ?Modifier

Le premier numéro du Journal de Mickey sort le 18 novembre 1934, un jeudi (alors jour de congé des enfants). Et pourtant, il est numéroté au 21 octobre, un dimanche ! La morale de cette histoire ? Dès le début, avec Le Journal de Mickey, c'est tous les jours dimanche !

Mickey contre TopolinoModifier

Même si la fierté hexagonale doit en prendre un sacré coup, il faut reconnaître que Le Journal de Mickey n'a pas été... le premier journal de Mickey ! En effet, c'est en Italie qu'est né le premier exemple d'un magazine à la gloire du personnage de Walt Disney. Baptisé « Topolino » (soit « petite souris » en français), il est lancé en 1932 par un éditeur florentin un brin opportuniste. L'initiative est certes louable, mais elle ressemble bien à une piraterie de petit futé. Paolo Lorenzini, le rédacteur en chef, était le neveu du célèbre Collodi, le créateur de Pinocchio. Conscient du potentiel de Mickey et surtout de sa notoriété, le petit journal reproduit le personnage de manière assez approximative sur sa couverture. De toute évidence, la rédaction ne possède pas les droits, et, très vite, est sommée de se conformer aux usages en la matière en créditant les séries et même les mauvaises copies publiées dans le magazine. Contrairement à l'édition française, le succès se fera longtemps attendre. Ce ne sera qu'au lendemain de la guerre que le magazine rejoindra le giron de l'éditeur Mondadori, et que sa diffusion connaître des records jamais égalés dans la péninsule.

Un lancement moderneModifier

Paul Winkler est un précurseur, mais pas seulement en matière de presse. Il en connaît un rayon en matière de publicité et de marketing... même si, à l'époque, on parle encore de réclame. Il accompagne le lancement d'une campagne publicitaire inédite dans ce secteur de l'édition, et fait en sorte qu'il soit totalement impossible d'ignorer la naissance de ce nouveau journal, à travers toute la France. Il a aussi l'idée de génie de distribuer des tracs à la sortie des écoles, pour donner aux enfants l'envie de se rendre aux kiosques à journaux chaque jeudi. Là aussi, c'est complètement révolutionnaire, et c'est au talent de Winkler que l'on doit cette manière très professionnelle d'envisager l'aventure.

Quand les Français bluffent les AméricainsModifier

Le jour où Paul Winkler s'envole vers les États-Unis pour montrer sa création à Walt et Roy Disney. Il est particulièrement fier de son bébé de papier. Selon son premier témoignage, les frères Disney n'ont pas caché leur émerveillement de de tenir entre leurs mains « le premier hebdomadaire du monde portant le nom de Mickey Mouse ». C'est là que Paul fait une énorme erreur, puisque Le Journal de Mickey n'est pas exactement le premier papier mettant en vedette Mickey, mais seulement le second (voir la section « Mickey contre Topolino », un peu plus haut).

Le Journal de Mickey, ses cousins... et ses concurrents !Modifier

Surfant sur le succès du Journal de Mickey, Paul Winkler développe d'autres supports qui connaissent un succès remarquable dans les années 1930. Le 24 avril 1934, il lance Robinson, un hebdomadaire riche de seize pages, dont huit en couleurs, se spécialisant en bandes dessinées américaines. Le 7 décembre 1937, il creuse encore son sillon en lançant Hop-là, un magazine plus modeste en pagination. Il compte cette fois huit pages, dont quatre en couleurs.

Paul Winkler a bien senti le potentiel des bandes dessinées américaines, qui apparaissent beaucoup plus modernes que les créations françaises. Face à Winkler, les éditeurs (dont les leaders du marché, la famille Offenstadt) sentent qu'ils sont condamnés à innover pour maintenir leur position. En Europe, les éditeurs ont du mal à passer aux bulles mais ils sont obligés, parfois à leur corps défendant, de se mettre au goût du jour. Beaucoup se contentent de copier le flair de Winkler. C'est le cas des magazines Jumbo ! (Librairie Moderne), Hurrah ! (Cino del Duca), ou du bien oublié aujourd'hui Bilboquet (éditions de Montsouris).

1934 — 1944Modifier

Dans une époque troublée, Le Journal de Mickey connaît une première décennie placée sous le signe de la bonne humeur, des personnages Disney et de l'aventures. Mais le monde s'est engagé dans une course vers l’abîme, et Le Journal de Mickey sera l'une des victimes de la folie des hommes, avec une étonnante volonté de survie pendant la guerre, et, à l'issue de celle-ci, une disparition qui aurait pu être définitive...

Une formule simple et efficaceModifier

Vendu tente centimes, le journal compte huit pages, dont la moitié en couleurs. La couverture présente des bandes dessinées Disney mais, au total, on peut y lire neuf bandes dessinées issues du fonds Opera Mundi. À tout cela il faut ajouter deux romans, six rubriques d'information, et, cerise sur le gâteau, deux jeux.

Avec des rubriques régulières comme Qu'en dites-vous ? ou Dans le monde entier, l'hebdomadaire français affirme son ambition d'ouvrir les yeux et d'aiguiser la curiosité de ses jeunes lecteurs sur la planète. Parmi les sujets fétiches, on trouve les nouvelles technologies. L'aviation, la voiture et les trains figurent bien sûr parmi les thèmes préférés des lecteurs. Mais on n'oublie pas les sujets insolites concernant les grands personnages. Bien sûr, toutes les informations sont richement illustrés. Le journal s'ouvre rapidement au courrier des lecteurs, et il propose aux plus habiles de bonnes idées de bricolage. Les parents sourient : avec Mickey, leurs enfants ne s'ennuient jamais !

Un succès fulgurantModifier

Le succès du nouveau journal est immédiat. Dès la première semaine, il dépasse les trois-cent-mille exemplaires vendus, et continue à progresser semaine après semaine. Certes, l'époque est encore pauvre en offres de distraction à destination du jeune public, mais il n'en reste pas moins que la réussite du nouveau titre prends des allures de véritable phénomène. C'est en tout cas un grand succès, et la preuve éclatante du flair de Paul Winkler.

Gonflé à bloc, le fondateur du Journal de Mickey fait le voyage aux États-Unis pour aller informer le duo Disney (les frères Walt et Roy) de cette sucess story. Cette fois, les deux hommes concrétisent leur association sous la forme d'un contrat dans les règles de l'art. Winkler respire : son journal est sur de bons rails !

Une star en couvertureModifier

La star du journal est bien sûr Mickey, et il s'affiche dès la couverture, à travers une BD qui fait la joie des lecteurs les plus impatients. C'est bien simple, il ne faut même pas tourner les pages pour se plonger dans les aventures de son héros préféré ! Mais Paul Winkler voit plus loin. Il comprend le formidable potentiel d'un personnage dont la popularité dépasse de loin celle de ses confrères de papier. À une époque où l'on ne parle pas encore de merchandising, on trouve alors les premiers produits dérivés marqués à l'effigie de la célèbre souris. Si l'on veut acquérir un splendide pull-over Mickey, il suffit de se rendre au rayon bonneterie des grands magasins style Samaritaine pour trouver son bonheur.

À la rencontre des lecteursModifier

Dès les premières années, Le Journal de Mickey comprend qu'il ne doit pas se contenter d'être un support papier, mais qu'il doit aussi aller à la rencontre de ses lecteurs. Il y a d'abord le Club Mickey, qui trouve sa place dans le journal dès son numéro quatre. Qui a parlé de journal visionnaire ? Les lecteurs peuvent y adresser leurs lettres à l'Onc Léon, qui y prodigue des conseils pleins de sagesse.

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Une photographie prise dans un Club Mickey, en 1935. Après guerre, le sport est à l'honneur aux Clubs Mickey.

Mais ce n'est pas tout... les Clubs Mickey ont été lancés dès 1935. Un an plus tard, on en compte déjà soixante-quinze à travers tout le pays. Que l'on soit à la mer ou à la montagne, les organisateurs imaginent mille et une animations, qui remportent un franc succès. Un cocktail dénotant de jeux, de compétions sportives, de défis, de chansons et de déguisements. Les membres du club sont photographiés sous la bannière, qui rappelle que ces activités sont organisées sous le patronage du Journal de Mickey. Paul Winkler a déjà compris qu'un journal doit participer à la vie quotidienne de ses lecteurs, pour devenir le plus indispensable possible. Des générations de lecteurs conserveront un souvenir ému de ces moments passés sur la plage. Une époque inoubliable et magique aux yeux des enfants qui avaient, le temps des vacances, l'impression de partager la vie de leurs héros préférés.

Du dessin animé à la bande dessinéeModifier

Parmi les plus grandes forces du Journal de Mickey, il y a la magie des personnages des grands dessins animés Disney qui connaissent une nouvelle vie en bandes dessinées. Dans les années trente, c'est un véritable défilé de vedettes que s'offre le journal. Les Trois Petits Cochons décrochent l'Oscar du dessin animé en 1933, et affrontent le Grand Méchant Loup dans les pages du Journal de Mickey en 1936. Deux ans plus tard, c'est au tour de Blanche-Neige, qui a rencontré le succès la même année dans le film Blanche-Neige et les Sept Nains, d'avoir les honneurs des pages du magazine. Le premier dessin animé long-métrage de l'histoire du cinéma constitue un événement à lui seul, et Le Journal de Mickey se doit de publier en exclusivité ses aventures pendant une vingtaine de numéros.

En 1940, c'est Pinocchio qui devient un héros de bande dessinée. Le premier journal concurrent qui prétend pouvoir accueillir de telles stars dans ses pages verra instantanément son nez s'allonger !

Les autres hérosModifier

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« Les Malheurs d’Annie » (« Little Annie Rooney » en version originale, série créée en 1927 par Brandon Walsh) se réfugient dans le journal de 1934 à 1938, avant de revenir en 1952.

Parmi le panthéon de héros qui peuplent les pages du journal, l'arrivée de Pince Vaillant en 1937, ne laisse personne indifférent. L’élégance suprême du trait d'Harold Foster frappe bien sûr les lecteurs, mais aussi de futurs auteurs de bandes dessinés, dont il va influencer le destin. Il partage l'affiche avec d'autres personnages qui entament une longue aventure commune avec le Journal. Jim-la-Jungle affronte des créatures sauvages en milieu hostile. Luc Bradefer (ou Brick Bradford) voyage à travers le temps, préfigurant d'une certaine manière les futures aventures de Mickey à travers les siècles. Quant à Richard le Téméraire, il débarque dans le numéro 101 du 20 septembre 1936, et entraîne les lecteurs dans des aventures palpitantes à travers le monde. La recette du succès repose surtout sur le mélange d'aventure et d'exotisme. De quoi faire rêver des générations de lecteurs jusqu'à la veille de l'an 2000 !

Les filles ne sont pas oubliées, avec une série sentimentale qui conte les nombreux Malheurs d’Annie (Little Annie Rooney en version originale). Persécutée par des adultes sans scrupule et au faciès patibulaire, elle trouve asile dans Le Journal de Mickey pendant quatre ans, entre 1934 et 1938. Elle y fera plus tard un come-back très remarqué en 1952.

Les numéros spéciauxModifier

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Première de couverture du Journal de Mickey n°113 du 13 décembre 1936.

Paul Winkler a l'intuition qu'il faut savoir rompre les habitudes pour relancer l'intérêt des lecteurs. C'est d'autant plus vrai que la formule du Journal de Mickey a beau comporter une jolie dose de fantaisie, elle n'en repose pas moins sur une profonde rigueur rédactionnelle. Plusieurs fois par an, le magazine propose de copieux numéros spéciaux de seize pages. Qu'il s'agisse de la rentrée, de Noël, de Pâques ou des vacances, l'objectif est de marquer le coup. Pour l'occasion, tous les personnages Disney se donnent rendez-vous en couverture pour une illustration en pleine page qui pétille d'humour et fourmille de détails.

Mickey et la cultureModifier

On peut apprendre en s'amusant ! Le Journal de Mickey le prouve en proposant des expériences de physique amusantes pour les futurs Einstein ou Archimède en culottes courtes. On y apprend les lois de l'inertie à travers des expériences simples à réaliser à la maison. Mais ce n'est pas tout ! Comme n'importe quel journal pour les grands, Mickey joue les reporters et va interviewer les plus grands, qui ne boudent pas leur plaisir de se retrouver dans les pages du plus grand journal pour les jeunes. On y croise l'aviatrice Hélène Boucher, mais aussi des grands noms de la littérature comme Colette ou André Maurois.

Pim, Pam et Poum !Modifier

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Gag de la série américaine Pim-Pam-Poum !, réalisé à la fin des années 1930 par Rudolph Dirks.

Dès 1938, Le Journal de Mickey accueille une série très populaire aux États-Unis et au postulat de départ absolument improbable. On vous explique... Pim, Pam et Poum vivent sur une île tropicale nommée Bongo, et qui se révèle totalement impossible à situer sur une carte. Dans la version originale, les personnages s'expriment avec un accent allemand très prononcé : en effet, l'auteur, Rudolph Dirks, fait appel à ses propres germaniques. Pas facile de s'y retrouver dans cette étonnante famille... Pam et Poum passent leur temps à faire des farces, et il leur arrive souvent d'avoir une belle fessée s'il se font prendre la main dans le sac. Les fessées sont, avec les gâteaux, la spécialité de la tante Pim, une femme énergique qui ne quitte jamais son rouleau à pâtisserie. Il faut aussi compter avec le capitaine, l'astronome, Miss Ross, Adolphe et la jolie Lena. Cet univers insolite remporte d'emblée un grand succès, et apparaît comme un classique du magazine.

Trois neveux... intenables !Modifier

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Les trois canetons, dans le court métrage Les Neveux de Donald, leur première apparition au cinéma.

Ils apparaissent au cinéma en 1937 dans le court métrage Les Neveux de Donald, et deux ans plus tard dans le journal. Riri, Fifi et Loulou Duck sont les trois neveux de Donald et il faut bien reconnaître qu'au début, ils ne lui laissent aucun répit. Ce sont même trois petits démons qui finissent par rendre notre irascible canard complètement chèvre ! Étrangement, il faudra attendre plusieurs années pour que les diablotins se transforment en neveux modèles, inversant le rapport de sagesse avec leur tonton.

C'est qui, lui ?Modifier

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Dingo, dans le court métrage Mickey au théâtre.

Mais c'est un incorrigible gaffeur qui s'impose rapidement comme une autre célébrité de l'hebdomadaire. Et pourtant, il n'est pas facile de lui trouver un nom ! D'abord baptisé Quenotte, il est ensuite devenu Piloche, Achille Nigaudot, puis Goofy. Mais c'est sous le nom de Dingo qu'il s'impose réellement auprès des lecteurs francophones. Naïf mais aussi fidèle et sympathique, il a rencontré Mickey sur grand écran en 1932, dans le dessin animé Mickey au théâtre. C'est dans le numéro 39, datant du 14 juillet 1935, qu'il rejoint son ami dans les pages de son magazine. Depuis lors, cette belle amitié de papier ne s'est jamais démentie.

Dans la famille de Mickey...Modifier

Certains l'appellent Horace Horsecollar, d'autres Monsieur Dusabot ou même encore Chrysostome Canasson, mais une chose est sûre : ce cheval est l'un des plus vieux copains de Mickey. Le canasson galope dans le journal dès le numéro 14, paru le 20 janvier 1935. Mais c'est surtout en sa qualité de soupirant souvent éconduit mais toujours plein d'espoir qu'il séduit les lecteurs. L'objet de ses tendres pensées n'est autre qu'une vache pas toujours futée qui répond, selon les époques, aux noms de Clarabelle, de Bellecorne ou d'Yvette. Dans un registre moins sympathique, Mickey affronte aussi un certain Pierre Jambe-de-bois, mieux connu désormais sous le nom de Pat Hibulaire. Ce vrai méchant en fait voir de toutes les couleurs à Mickey dès le numéro 82 du 10 mai 1935. L'univers du héros n'en devient que plus intéressant. C'est bien connu : pour bien mettre un personnage en valeur, il faut d'abord lui trouver de bons adversaires. Parmi les autres ennemis de la gentille souris, on pointe aussi un certain Mortimer Ratino, qui pousse l'outrecuidance jusqu'à vouloir piquer Minnie à Mickey ! Non mais, pour qui se prend-il ?

Moule-à-gaufre ?Modifier

Qui se cache derrière ce nom énigmatique ? Un drôle de chien totalement indissociable de son maître... un certain Mickey ! Parfois trouillard, parfois téméraire (sans le savoir), Pluto devient le plus fidèle compagnon de la souris star dès le numéro 15 du 20 janvier 1935.

Un canard dans le journal ?Modifier

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La première apparition en bande dessinée de Donald est en avril de la même année, dans la Symphonie folâtre du n°28, intitulée La Petite Poule avisée.

En 1935, un canard râleur fait son numéro dans le magazine français. Le personnage est né un an plus tôt (dans le court métrage animé Une petite poule avisée, sorti le 9 juin 1934), et Mickey est encore loin de se douter que ce lointain cousin est bien capable de lui voler la vedette...

Les lecteurs ont un avis !Modifier

En 1936, les lecteurs sont invités à donner leur avis concernant un des héros du journal. Il s'agit en l’occurrence de Jim-la-Jungle. Une manière intelligente d'associer les lecteurs à la vie de leur magazine. La rubrique, baptisée Pour ou Contre, est appelée à connaître un très bel avenir !

Le journal dans la guerreModifier

Un mariage forcéModifier

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Première de couverture du Journal de Mickey et Hop-là ! réunis, paru le 21 février 1943.

Confronté à la pénurie du papier, Le Journal de Mickey est contraint de fusionner avec un autre support de l'écurie Opera Mundi, Hop-là !. Le nouveau magazine est baptisé Le Journal de Mickey et Hop-là réunis, mais il décline au fil des semaines, perdant des pages, des couleurs, et étant contraint de réduire son format. Le magazine, qui a tout fait pour ne pas disparaître, est finalement victime des turbulences de son époque.

Sous la forme du Journal de Mickey et Hop-là ! réunis, Mickey ne sera plus systématiquement en couverture du magazine. Il sera remplacé au fil du temps par Les aventures de Pinocchio ou encore Les aventures de Toto, le fils de Pluto.

1952 — la deuxième naissanceModifier

Même pour un journal, il est rare de connaître deux naissances couronnées de succès. Ou plutôt, une naissance et une renaissance. C'est pourtant le cas du Journal de Mickey. Au début des années 1950, le magazine fait son grand retour dans les kiosques avec une formule rénovée. Paradoxalement, c'est de Belgique qu'est venue l'étincelle qui a rallumé la flamme de son génial créateur...

Pourquoi une si longue absence ?Modifier

Comment expliquer la longue absence du Journal de Mickey en kiosque ? À première vue, le ressort semblait brisé après les longues années de conflit mondial. Et puis, il fallait compter avec les nouveautés qui déboulaient sur le marché de l'après-guerre. Hardi présente Donald paraît de mars 1947 à mars 1953. Pour autant, le magazine ne connaît pas la même notoriété que son prestigieux prédécesseur. En outre, la presse jeunesse belge est en plein essor et son succès déborde de ses frontières. Il y a bien sûr Le Journal de Spirou qui reparaît, mais c'est surtout Tintin qui s'impose comme la grande nouveauté de l'époque. Par ailleurs, il faut aussi compter avec les évolutions technologiques qui révolutionnent l'imprimerie. De son côté, Paul Winkler paraît plutôt frileux face à ces nouveautés, comme s'il éprouvait de la peine à s'affranchir de ses recettes d'avant-guerre...

Une nouvelle époqueModifier

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Le no1 de la nouvelle série du magazine Cœurs Vaillants, paru le 19 mai 1946.

Au lendemain de la guerre, la donne a radicalement changé en matière de bandes dessinées. Cette fois, c'est la création américaine qui connaît une mauvaise passe. Le public réclame des séries françaises et le marché connaît une nouvelle vigueur. Paul Winler reste fidèle à sa formule avec son Hardi présente Donald, mais il trouve face à lui de nouveaux concurrents. Dès 1944, l'hebdomadaire Vaillant est lancé pour la jeunesse par le Parti communiste français, qui bénéficie alors d'un large écho dans l'opinion. Les éditions de Montsouris publient une nouvelle série de Pierrot en 1953. Cet hebdomadaire, qui réserve une large place à l'humour, publie notamment la série Mic, Mac et Pouf, signée par un certain Claude Marin. Et puis, il faut toujours compter avec la presse catholique qui connaît, elle aussi, une nouvelle jeunesse. C'est le cas de Fleurus, qui édite les magazines Cœurs Vaillants et Âmes Vaillantes.

1949 : une loi très restrictiveModifier

En 1949 est publiée une loi qui se révèle particulièrement restrictive à l'égard des éditeurs jeunesse. Pour bien la comprendre, il faut en lire ses termes précis :

«  ... les publications visées à l'article premier ne doivent comporter aucune illustration, aucune chronique, aucune rubrique, aucune insertion présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche, ou tous actes qualifiés crimes ou délits de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques...  »

Si l'objectif affiché est de défendre les plus jeunes, il n'en reste pas moins que la loi met de sacrés bâtons dans les roues des éditeurs de journaux destinés à la jeunesse. Et surtout à ceux qui ont recours à des séries américaines. La loi est d'abord une loi protectrice qui vise à promouvoir la création française. Face à ce texte, Paul Winkler préfère attendre le retour de temps meilleurs pour se lancer dans d'ambitieuses créations dans ce secteur...

Mickey, une fois ! L'exemple belgeModifier

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Couverture du Mickey Magazine n°1, paru le 13 octobre 1950.

Paradoxalement, c'est d'outre-Quiévrain que viendra la résurrection de Mickey. Ambassadeur de Mickey en Europe, Armand Bigle lance le 14 octobre 1950 un Mickey Magazine à Bruxelles. Il constitue une équipe de dessinateurs belges et confie la rédaction en chef à Louis Santels (Ténas) et Raoul Livain (Rali). Le magazine innove par sa formule, et il trouve rapidement son public. Il se targue d'une diffusion de cent-trente-mille exemplaires en Belgique, ce qui constitue une incontestable réussite. La preuve est faite que le personnage n'a rien perdu de sa force, à condition d'être la vedette d'un journal moderne qui répond aux attentes des lecteurs. Dès lors, pourquoi ne pas retenter l'aventure sur le marché français ? Mais il reste à persuader Paul Winkler, qui n'est pas enthousiaste à l'idée de changer le format et la formule qui ont fait la fortune du magazine. Il finit pourtant par se laisser convaincre et, sept ans après sa disparition, Le Journal de Mickey est prêt à renaître de ses cendres...

La renaissance du canard de la sourisModifier

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Couverture du Paris Match no158, dont le logo a inspiré celui du Journal de Mickey.

Le 1er juin 1952, Le Journal de Mickey est de retour dans les kiosques de l'Hexagone et, reconnaissons-le, ses anciens lecteurs ont bien de la peine à le reconnaître. D'une certaine manière, le journal s'est métamorphosé. La révolution la plus notable est le format du magazine, l'illustration pleine page en couverture et surtout le logo. Celui-ci évoque des grands titres de la presse comme Paris Match ou Life. Le procédé d'impression en héliogravure traduit aussi l'évolution technologique.

Certes, le format est fortement réduit par rapport aux dimensions de l'ancienne série, mais il comporte seize pages, dont la moitié en couleurs et l'autre en bichromie ! Au sommaire de ce premier numéro, nous retrouvons pas moins de dix pages de BD, dont Mickey Mouse et Donald Duck, bien sûr, mais aussi La Petite Annie, les Sept Nains et Dingo auxquelles s'ajoutent deux romans, une page complète de jeux et des rubriques promises à un bel avenir (le Club Mickey, le billet d'Onc'Léon...).

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Couverture du magazine Life, ayant inspirée celle du Journal de Mickey.

L'illustration de la couverture est, comme ce sera souvent le cas par la suite, la reprise d'un dessin ayant déjà servi pour illustrer la première de couverture d'un magazine d'un autre pays. En l’occurrence, il s'agit d'une œuvre réalisée par Bob Grant pour la couverture du Walt Disney's Comics and Stories no125 de février 1951 (illustration souvent reprise et remaniée à travers le monde entier). Détail amusant : si Mickey joue bien la doublure du célèbre canard dans l'adaptation de ce visuel devenu culte, Riri, Fifi et Loulou Duck n'ont pas pour autant laissé Jojo et Michou Fieldmouse, les neveux de Mickey, prendre leur rôle !

La formule a changé mais, une fois encore, le succès est au rendez-vous : cinq-cent-cinquante-mille exemplaires s'arrachent en kiosque ! Les fidèles ne se font pas prier, bien sûr, mais c'est un nouveau public qui plébiscite le nouveau magazine.

Série célèbres DisneyModifier

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Première édition du Journal de Mickey en couleurs.

Séries célèbres non DisneyModifier

De nombreuses séries (hors Disney) ont été publiées dans Le Journal de Mickey :

  • La Famille Glougloub de Fred Laswell ;
  • Hägar Dünor de Dik Browne ;
  • Pim, Pam et Poum de Rudolph Dirks ;
  • Guy l'Éclair (Flash Gordon) d'Alex Raymond ;
  • Matt le Shérif d'H. Bishop ;
  • Mandrake le Magicien de Lee Falk et dessiné par Phil Davis ;
  • Le père Lacloche de C.D. Russel ;
  • Archibald Razmott de Leo Baxendale ;
  • Onkr, l’homme des glaces scénarios de Jean Malac, Yvan Delporte et dessins de Louis Santels (dit Ténas) ;
  • L'École Abracadabra de François Corteggiani et Pierre Tranchand ;
  • Drôle de zoo, bandes quotidiennes américaines Merry Menagerie par Bob Karp et Bob Grant ;
  • Pôle–Émile le petit Eskimo de Letrio ;
  • Alex le chat d'Yves Beaujard[6] et Patrick Galliano ;
  • Richard le Téméraire (alias Raoul et Gaston) de Lyman Young ;
  • L'Archer blanc de François Corteggiani et Jean-Yves Mitton ;
  • Robert le robot de Gégé, Bélom et Tony Fernàndez ;
  • Les Déblok de Florence Cestac et Nathalie Roques ;
  • L'Élève Ducobu de Godi et Zidrou ;
  • Cédric de Laudec et Raoul Cauvin;
  • Les Profs de Pica et Erroc ;
  • Parker et Badger de Marc Cuadrado;
  • Edwin & les twins de Falzar et David Evrard (qui signe « E411 ») ;
  • Les Durondib et leur chien Adolphe dessinés par Knerr (qui a aussi signé des Pim, Pam, Poum) ;
  • Titeuf de Zep ;
  • Tony et Alberto de Dab's ;
  • Kid Paddle de Midam ;
  • Game Over de Midam, Adam et divers scénaristes ;
  • Boule et Bill de Jean Roba puis de Laurent Verron, Pierre Veys et Cric ;
  • Les Sisters de Cazenove & William ;
  • Roméo & Juliette d'Erroc et Michel Rodrigue.

Rédacteurs en chef du journalModifier

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Le premier rédacteur en chef du Journal de Mickey, Léon Sée.

Voici, par ordre chronologique, la liste des rédacteurs en chef qui se sont succédé à la rédaction du Journal de Mickey :

CouverturesModifier

Article principal : Catégorie:Couverture du Journal de Mickey

Voici une galerie de quelques couvertures du Journal de Mickey qui sont les plus importants.

LogosModifier

Voici quelques logos depuis sa création en 1934.

En coulissesModifier

Sources, notes et référencesModifier

  1. Le tout premier magazine est sorti un jeudi, jour férié pour les écoliers à cette époque. Le magazine est toutefois étrangement daté du dimanche 21 octobre.
  2. Le 16 juin 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, Le Journal de Mickey s’arrête au no296. À partir de septembre 1940, il reparaît en zone libre, mais son nombre de pages et ses parutions ne sont pas régulières. Le 2 juillet 1944, sa publication cesse de nouveau après le no477.
  3. C'est pour cela que l'on parle des numéros de « l'avant-guerre » et de « l'après-guerre ».
  4. Le magazine est toutefois étrangement daté du 1er juin.
  5. Picsou Magazine a fait presque pareil en lançant le hors-série Super Picsou Géant en mai 1977 et qui deviendra, tout comme Mickey Parade, indépendant.
  6. Gauthier Toulemonde, entretien avec Yves Beaujard, diffusé sur TV Timbres, février 2008.

Liens externesModifier

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